Le résultat du match a profondément marqué les esprits. Le 31 mai 2002, à Séoul, lors de leur première Coupe du Monde, le Sénégal a créé la surprise en battant les Français, champions en titre, lors du match d’ouverture de l’événement co-organisé par la Corée du Sud et le Japon (0-1), rapporte TopTribune.
Vingt-quatre ans plus tard, les deux équipes se retrouvent, mardi 16 juin, à l’occasion du Mondial 2026, pour la deuxième confrontation de leur histoire. Alors que le temps a passé, cette victoire historique reste gravée dans les mémoires.
Des Bleus en fin de cycle
À l’époque, la défaite des bleus a été inattendue pour l’équipe tricolore, alors championne du monde et d’Europe. Cependant, à l’approche de la Coupe du Monde asiatique, l’équipe dirigée par Roger Lemerre montrait des signes de faiblesses. La machine à gagner, après une Coupe des confédérations remportée en 2001, commençait à se gripper.
Après une victoire laborieuse 2-1 contre la Roumanie, un match nul 0-0 contre la Russie, et une défaite 2-1 face à la Belgique, les Français peinaient à retrouver leur rythme à quelques semaines du Mondial 2002. Le 26 mai, à Suwon, à seulement cinq jours de leur entrée en lice, ils se sont imposés difficilement 3-2 contre la République de Corée, mais cette rencontre a coûté cher avec la blessure de Zinedine Zidane, touché au quadriceps.
Le Sénégal, quant à lui, arrivait en Corée du Sud avec un moral élevé, après avoir été finaliste de la Coupe d’Afrique des Nations 2002. Les Lions de la Teranga, majoritairement issus de la Ligue 1 française, avaient affiché de belles performances lors de leur préparation, avec deux victoires en trois matches amicaux : 2-1 contre la Bolivie et 1-0 face à l’Équateur, malgré une défaite 3-2 contre l’Arabie Saoudite en cours de route.
L’exploit de Papa Bouba Diop
Les champions du monde abordent le match avec confiance, prenant le contrôle du jeu. Cependant, la rapidité des Sénégalais commence à leur causer des difficultés. Bien que David Trezeguet ait touché le poteau à la 22e minute sur une frappe enroulée, ce sont les Sénégalais qui ouvrent le score dix minutes plus tard grâce à Papa Bouba Diop, dont le tir suite à un centre d’El-Hadji Diouf est repoussé par Fabien Barthez avant qu’il ne réussisse à inscrire le but.
Khalilou Fadiga, ancien joueur sénégalais, a déclaré que les Français avaient sous-estimé leur adversaire, ce qui leur a coûté cher. « Nous avions été formés en France, et c’était presque insultant de voir à quel point leur ignorance était grande. », a-t-il affirmé.
David Trezeguet reconnaît que les Bleus ont chuté de leur piédestal : « On savait que le football pouvait basculer très vite. La défaite contre le Sénégal nous l’a brutalement rappelé. ».
« On a forcé le respect »
Au Sénégal, la joie est indescriptible. Les Lions de la Teranga remportent le match 1-0, et le président sénégalais de l’époque, Abdoulaye Wade, célèbre cette victoire, symbolisant une Afrique conquérante face à l’ancienne puissance coloniale. Le Sénégal poursuit ensuite son parcours en atteignant les quarts de finale, un exploit sans précédent.
« Nous avons gagné le respect de ceux qui ne nous connaissaient pas. », souligne Fadiga, tout en rappelant l’importance de cette victoire pour le continent africain.
En revanche, la France sombre et est éliminée dès le premier tour. Trezeguet explique que ce match a marqué la fin d’un cycle pour l’équipe, qui n’a pas réussi à se qualifier après la défaite.
Des retrouvailles prometteuses
Vingt-quatre ans plus tard, la France a rebondi, décrochant une deuxième étoile en 2018 et atteignant à nouveau la finale en 2022. De son côté, le Sénégal a gagné en expérience et en succès, obtenant un titre de champion d’Afrique en 2021. Khalilou Fadiga exprime sa confiance en la nouvelle génération et espère qu’ils termineront le travail commencé en 2002.
David Trezeguet, pour sa part, croit en la capacité de la France actuelle à aller au bout de la compétition, mettant en garde l’équipe contre les dangers d’un match inaugural contre le Sénégal.
Avec AFP