Les banques augmentent leur soutien aux énergies fossiles malgré les engagements climatiques
Les financements consentis par les principales banques mondiales aux énergies fossiles ont atteint plus de 900 milliards de dollars en 2024, marquant une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, selon le rapport « Banking on Climate Chaos », élaboré par un consortium d’ONG, rapporte TopTribune.
Depuis l’adoption de l’accord de Paris en 2015, qui vise à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, environ 9 000 milliards de dollars ont été alloués aux entreprises des secteurs pétrolier, gazier et charbonnier. En 2024, les 65 banques analysées ont octroyé 906 milliards de dollars sous diverses formes de soutien financier aux énergies fossiles.
JPMorgan en tête de liste des financiers
Cette hausse est cependant moins marquée que celle observée en 2023. D’après les données recueillies par huit ONG, dont Rainforest Action Network et Reclaim Finance, JPMorgan se positionne en tête avec 58,2 milliards de dollars de financements pour les énergies fossiles, soit une augmentation de 12,5 % par rapport à l’année précédente. Il est suivi par Bank of America et Mitsubishi UFJ.
L’étude souligne que trois banques sur cinq ont augmenté leurs financements aux énergies fossiles, alors que la contribution des groupes français tels que BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale, estimée à environ 16 milliards de dollars pour 2025, a diminué ces dernières années.
Société Générale critiquée pour son soutien accru à l’industrie fossile
Selon l’ONG Reclaim Finance, des « signaux encourageants » émanent des banques françaises, mis à part pour Société Générale, qui a augmenté ses soutiens à la production pétrolière et gazière, devenant ainsi « le premier soutien de TotalEnergies ». Le directeur général de Société Générale, Slawomir Krupa, a été élu au conseil d’administration de TotalEnergies fin mai.
Interrogée par l’AFP, Société Générale a exprimé sa « regret que les données mises en avant ne reflètent pas la baisse continue de son soutien à l’exploration et à la production de pétrole et de gaz ». L’organisme s’efforce de démontrer son engagement pour un avenir plus durable.
En outre, l’année 2025 a marqué la fin des activités de la Net-Zero Banking Alliance (NZBA), initiative internationale pour une neutralité carbone dans le secteur bancaire, victime d’un contexte économique défavorable au climat tant en Europe qu’aux États-Unis.
La situation met en évidence les défis auxquels sont confrontées les banques, qui doivent naviguer entre la pression croissante pour des pratiques plus durables et leurs engagements financiers envers les industries fossiles. La multiplication des appels à un changement de comportement pour limiter l’impact climatique pourrait influencer les futures décisions d’investissement des banques.
Les autorités de régulation et les gouvernements du monde entier intensifient leurs efforts pour responsabiliser les institutions financières face à leurs responsabilités envers le climat. Néanmoins, des institutions comme JPMorgan et d’autres continuent de jouir d’une influence considérable dans le domaine de l’énergie fossile, témoignant d’une dissonance entre les engagements verbaux et les actions concrètes prises par les banques.
Avec la pression du public et les exigences réglementaires croissantes, il reste à voir comment ces tendances évolueront. La transition vers des énergies renouvelables reste un enjeu crucial pour atteindre les objectifs climatiques globaux, mais les investissements dans les énergies fossiles soulèvent des préoccupations quant à la sincérité des efforts de durabilité des banques.