L'amour pour une IA : quand les relations parasociales deviennent problématiques

L’amour pour une IA : quand les relations parasociales deviennent problématiques

01.06.2026 07:36
2 min de lecture

Les dangers des relations avec l’intelligence artificielle

Le Dr Aaron Balick, psychothérapeute britannique et auteur de The Psychodynamics of Social Networking, s’est penché sur la question de l’attachement des humains à l’intelligence artificielle, en mettant en lumière des éléments psychologiques profonds. Son analyse repose sur la notion d’« objets transitionnels » issus de l’enfance, qui permettent aux enfants de se rassurer en l’absence d’un parent. « Même si les enfants ne ressentent ni amour ni attachement en retour, les sentiments qu’ils éprouvent pour ces objets sont bien réels », explique-t-il, rapporte TopTribune.

À l’âge adulte, ce mécanisme survit, se manifestant par des sentiments pour des célébrités ou des personnages fictifs, ce que les psychologues nomment des relations parasociales. Le Dr Balick souligne que les IA simulent des réponses émotionnelles, incitant ainsi les utilisateurs à développer des sentiments à leur égard. « Même si nous savons qu’intellectuellement, l’IA n’éprouve rien, notre esprit peut passer outre, car il est dans la nature humaine de s’attacher », note-t-il.

Les profils à risque

Concernant les personnes les plus vulnérables à ce phénomène, Balick cite celles « qui ont des difficultés à créer et maintenir des amitiés », en particulier les individus « anxieux ou dépressifs, en quête de réassurance et de consolation ». Ces derniers trouvent souvent un réconfort dans les interactions avec des agents conversationnels IA. De plus, il évoque un « effet de dose » : « Plus vous passez de temps à converser avec une IA comme avec un compagnon, plus vous êtes susceptible de développer des sentiments pour elle, quel que soit votre parcours », précise-t-il. La nature même des IA, qui ont été conçues pour flatter les utilisateurs, accentue ce phénomène.

Les enjeux pour la santé mentale

Balick met en garde sur les dangers que représentent ces relations avec des objets numériques. « Plus nous entretenons des relations avec des ‘objets’ – et donc des intelligences artificielles – moins nous sommes capables de développer et d’utiliser ces compétences avec de vraies personnes dans le monde réel », affirme-t-il. Le risque est donc de se retrouver dans une situation où la réalité humaine est supplantée par ces relations artificielles, menaçant notre santé mentale.

La prise de conscience d’une relation toxique avec une IA peut s’avérer difficile. Le Dr Balick souligne qu’arrêter une telle relation pourrait entraîner un processus de deuil similaire à celui causé par la perte d’une relation authentique. Pour conclure, il insiste sur l’importance de rétablir des connections humaines authentiques : « Il est essentiel de revenir à des relations plus riches avec de vraies personnes pour remplacer celles entretenues avec l’IA ». Cela appelle à une réflexion urgente sur la nature de nos interactions dans un monde de plus en plus technologique.

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