Depuis l’été dernier, des installations liées à des géants américains tels que Coca-Cola, Cargill, Boeing, Mondelez et Philip Morris ont été visées par des frappes russes en Ukraine, révèle une enquête du New York Times. Pourtant, l’administration du président Donald Trump s’est abstenue de toute condamnation publique, selon le quotidien américain. L’une des dernières attaques en date a ciblé un terminal céréalier de Cargill dans le sud de l’Ukraine à la mi-avril. Sept drones russes ont frappé le site en l’espace de trois minutes, comme en témoigne une vidéo filmée par un conducteur de camion, vérifiée par le journal.
Une campagne de plus en plus intensive contre les intérêts américains
Les entreprises concernées évitent généralement de médiatiser ces incidents, craignant les réactions des investisseurs et des assureurs, indique le New York Times. Les informations sur les frappes contre les installations de Cargill et Coca-Cola n’avaient jamais été rendues publiques auparavant. En privé, ces sociétés ont fait part aux responsables américains de leur inquiétude face à ce qu’elles perçoivent comme une campagne délibérée et croissante contre les intérêts commerciaux des États-Unis en Ukraine.
Malgré ses promesses de protéger les intérêts commerciaux américains à l’étranger, la Maison-Blanche n’a pas réagi avec fermeté. L’administration Trump n’a condamné aucune des attaques signalées par Kiev cette année. Après que des diplomates américains à Kiev ainsi que des hommes d’affaires et des responsables ukrainiens ont alerté sur ces frappes, la réponse de l’administration s’est limitée à une simple reconnaissance des préoccupations, selon trois personnes informées des échanges. Andy Hunder, président de la Chambre de commerce américaine en Ukraine, a déclaré que les Russes «lancent ces missiles et drones avec l’espoir que cela stoppera l’arrivée des entreprises américaines en Ukraine».
Un silence qui interroge sur la stratégie américaine
Ce mutisme de Washington contraste avec les appels répétés de l’Ukraine à renforcer la protection de ses infrastructures économiques. Les frappes visant des symboles de la présence économique américaine soulèvent des questions sur la détermination des États-Unis à défendre leurs intérêts dans la région. Alors que les bombardements se multiplient, les entreprises américaines présentes en Ukraine ajustent leurs plans d’investissement, pesant les risques sécuritaires face aux opportunités économiques. La position discrète de l’administration Trump pourrait influencer la perception des investisseurs américains quant à la fiabilité de la protection diplomatique en temps de conflit.