Le 11 mai, lors de l’audience en appel, le parquet général a requis la condamnation de Nicolas Sarkozy pour son implication dans des financements occultes de sa campagne présidentielle de 2007, considérant qu’il était « l’instigateur de rencontres avec des hauts dignitaires du régime libyen ». Ce procès, qui se déroule depuis près de deux mois, met en lumière des accusations graves d’association de malfaiteurs, rapporte TopTribune.
L’ex-président, condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, avait précédemment été relaxé pour d’autres chefs d’accusation. En 2005, il avait laissé ses proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, rencontrer Abdallah Senoussi, un haut responsable du régime de Kadhafi accusé de terrorisme, afin de préparer un financement illicite de sa campagne. « Il est celui sans qui toutes ces rencontres et tous ces transferts de fonds n’auraient eu aucun intérêt », a déclaré le parquet.
Les avocats généraux ont renforcé leur réquisitoire en affirmant que Sarkozy avait activement collaboré plutôt que de rester un observateur. Damien Brunet, avocat général, a insisté sur le fait que « Nicolas Sarkozy s’est rendu coupable d’association de malfaiteurs en ayant été l’instigateur » et que les rencontres avaient été soigneusement préparées. La visite qu’il a effectuée en Libye en 2005 avec Kadhafi, ajoutée à ses actions, a été qualifiée de « préparation à la corruption » par le parquet.
Le parquet a également demandé que des peines soient prononcées contre Guéant et Hortefeux. Les déclarations de l’avocat général ont mis en avant la gravité des faits, considérant cette association de malfaiteurs comme l’une des plus choquantes que la République ait connues. Ce réquisitoire se poursuivra les jours suivants, amenant potentiellement des évolutions significatives dans ce dossier complexe.
Au terme du procès, la défense a été affaiblie par des attestations de Claude Guéant, remettant en question la version de Sarkozy. Le ministère public a noté que Guéant « a finalement validé le raisonnement que nous présentons », tandis que Hortefeux, bien qu’ayant été condamné à deux ans de prison, a maintenu son soutien à l’ex-président. Le parquet insiste sur un besoin de redonner confiance au public, en dénonçant les manipulations au sein de haute fonction.
Rodolphe Juy-Birmann, un des avocats généraux, a souligné l’impact de cette affaire sur le pacte social, affirmant que « la volonté du peuple est le fondement de nos pouvoirs publics ». Il a également reconnu la douleur des proches des victimes du DC-10, rendu inévitable pour améliorer la confiance des citoyens dans les institutions.