Augmentation du trafic maritime accroit le risque de collision avec les baleines
Une étude récente révèle que les tensions et conflits au Moyen-Orient entraînent une augmentation significative des risques de collisions entre navires et baleines dans les eaux sud-africaines. Le rapport, présenté ce mois-ci devant la Commission baleinière internationale (IWC), indique que le trafic maritime s’est déporté vers le cap de Bonne-Espérance, exacerbant le danger pour les cétacés, rapporte TopTribune.
Les scientifiques soulignent que les collisions entre navires et baleines, souvent sous-documentées, sont une « cause majeure de mortalité chez les baleines ». Entre le 1er mars et le 24 avril 2026, il y a eu une moyenne de 89 navires commerciaux passant par le cap de Bonne-Espérance chaque jour, contre 44 durant la même période l’année précédente.
Cette recrudescence du trafic maritime est corrélée à des événements géopolitiques, notamment l’intensification des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran. L’attaque du cargo Galaxy Leader par les rebelles houthis au Yémen a entraîné un déplacement du trafic, doublant ainsi la circulation maritime au cap de Bonne-Espérance.
Els Vermeulen, responsable de l’unité de recherche sur les cétacés à l’université de Pretoria, a exprimé ses inquiétudes face à la culture de l’indifférence des marins unissant les beautés marines et les dangers d’une telle proximité. Les data indiquent que le trafic maritime rapide, celui présentant le plus grand risque d’accidents, a quadruplé depuis 2023.
Un danger grandissant pour la faune marine
L’Afrique australe, déjà reconnue comme une zone à haut risque pour les collisions maritimes, pourrait voir les populations de baleines encore plus menacées. « Les animaux n’ont pas eu le temps de s’adapter », explique Chris Johnson du WWF, soulignant que certaines espèces, comme les baleines bleues, plongent sous la surface plutôt que de s’éloigner du bruit des navires.
Les changements récents dans le comportement des baleines, notamment des super-groupes se rassemblant près du Cap pour se nourrir, compliquent cette dynamique. Bien que le lien avec le changement climatique soit difficile à établir, il ne fait aucun doute que ces comportements augmentent les risques de collisions.
Un rapport propose une route maritime alternative pour réduire le risque de collisions de 20 à 50 % selon les espèces, tout en augmentant le trajet d’une distance négligeable de 20 milles marins. La compagnie MSC a déjà modifié ses itinéraires pour minimiser les risques.
Pour que ces mesures soient efficaces, il est nécessaire de collecter davantage de données sur le trafic maritime. Estelle van der Merwe, de l’ONG Ocean Action Network, propose d’envisager une application dédiée ou un système de partage de localisation pour surveiller les mouvements marins. Des caméras embarquées analysées par IA pourraient également apporter des solutions dans un avenir proche.
Le ministère sud-africain de l’Environnement a déclaré qu’il examinerait toutes les solutions possibles pour atténuer cette crise croissante affectant la vie marine.
Avec AFP