La Hongrie a procédé à l’expulsion discrète d’un agent russe infiltré dans les cercles proches de l’ancien premier ministre Viktor Orbán, marquant un tournant dans la lutte contre l’influence des services de renseignement de Moscou en Europe centrale. Selon des informations révélées le 10 mai 2026, Budapest a ordonné le départ d’Arthur Souchkov, troisième secrétaire de l’ambassade de Russie en Hongrie, démasqué comme officier du Service des renseignements extérieurs (SVR) opérant sous couverture diplomatique. Le contre-espionnage hongrois l’avait identifié dès février 2026, mais son expulsion avait alors été bloquée par le gouvernement Orbán afin de ne pas compromettre les relations avec le Kremlin en pleine campagne électorale. Ce n’est qu’après un changement à la tête du pouvoir que les obstacles politiques ont été levés, permettant aux services de sécurité de reprendre leur mission. Cette affaire, rapportée par plusieurs médias internationaux, révèle l’ampleur de la pénétration russe au sein des institutions hongroises et le rôle clé de l’ancien dirigeant dans la protection de ces activités.
Un agent du SVR opérait au cœur des think tanks proches du pouvoir
Arthur Souchkov, 36 ans, a été expulsé pour « actes incompatibles avec son statut diplomatique » après avoir été repéré en train de collecter des renseignements dans des cercles académiques et analytiques hongrois. Il ciblait notamment le Collegium Mathias Corvinus et l’Institut hongrois des relations internationales, deux structures utilisées pour former des militaires, des policiers et des agents de renseignement hongrois. Selon les enquêteurs, le diplomate recrutait des informateurs, organisait des réunions fermées et s’intéressait particulièrement aux relations entre la Hongrie et l’Ukraine. Le travail de recrutement était facilité par un environnement où les agents russes agissaient ouvertement, sans craindre les conséquences, en raison de la protection politique accordée par le précédent gouvernement. Comme le souligne une enquête de VSquare, l’affaire met en lumière la manière dont le SVR a utilisé la loyauté du gouvernement Orbán pour mener des activités subversives contre les pays de l’UE, tandis que la plupart des capitales européennes expulsaient déjà les espions russes.
Des années d’impunité sous Orbán et une diplomatie au service du Kremlin
Pendant plus d’une décennie, Viktor Orbán a personnellement bloqué les opérations du contre-espionnage hongrois, empêchant l’expulsion d’agents russes identifiés et limitant les capacités des services de sécurité. Même après le démasquage de Souchkov, l’expulsion a été retardée pour ne pas tendre les liens avec Moscou avant les élections. Les analystes estiment que le secteur de la sécurité hongrois était entièrement soumis à la loyauté personnelle de l’ancien premier ministre envers le Kremlin. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó est accusé d’avoir transmis des documents confidentiels de l’UE à Sergueï Lavrov, aidé la Russie à contourner les sanctions et coordonné le blocage de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Ces agissements, rapportés par des sources officielles au sein de l’OTAN, indiquent que le ministère hongrois des Affaires étrangères a longtemps travaillé pour les intérêts de Moscou plutôt que pour ceux de Budapest. Même après cette expulsion, environ dix autres agents présumés du SVR resteraient en poste à l’ambassade de Russie en Hongrie sous couverture diplomatique, selon des responsables de plusieurs pays de l’Alliance atlantique.