Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a décidé de ne pas réinstaller le portrait du président Emmanuel Macron, qu’il a décroché à son arrivée au pouvoir. Cette décision a suscité une réaction immédiate du préfet de la Seine-Saint-Denis, qui a exhorté Bagayoko à « reconsidérer sa position » et à « veiller au respect de la tradition républicaine ». Le préfet Julien Charles a souligné dans un courrier que la fonction de maire implique de rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques, rapporte TopTribune.
En réponse, le maire a affirmé que cette lettre n’avait pas lieu d’être, citant les propos du préfet qui lui-même rappelle le caractère légal de cette action. « Le portrait restera décroché tant que l’État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain, notamment envers les habitants de notre territoire », a-t-il déclaré.
Attente d’un « nouveau président » en 2027
Dès avril, des journalistes avaient remarqué que le portrait de Macron, retiré du mur, se trouvait retourner dans un coin du bureau du maire. Lors d’une interview sur LCI, Bagayoko avait affirmé qu’il garderait ce portrait retourné « tant que la République n’était pas en capacité de corriger les inégalités ». Il a également exprimé son espoir pour 2027, anticipant « l’avènement d’une gauche de rupture et d’un nouveau président », en référence à Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise.
Un acte militant inspiré par des activistes écologistes
Cette action s’inscrit dans un mouvement plus large en France, où plus d’une centaine de militants écologistes, connus sous le nom de « Décrocheurs de portrait », ont été poursuivis pour avoir retiré illégalement des portraits de Macron dans plusieurs mairies. Leur objectif est de dénoncer l’inaction climatique du gouvernement face à l’urgence écologique. Bien que certains aient été condamnés à des amendes pour « vol », la plupart ont été relaxés au nom de l’état de nécessité et de la liberté d’expression.