Le gouvernement français face à un déficit budgétaire croissant : 40 milliards d’euros à trouver
En pleine préparation de son budget pour 2027, le gouvernement français doit faire face à un défi financier majeur en raison de la guerre en Iran qui complique son équation budgétaire. Avec un déficit actuel de 5 % du PIB, l’exécutif cherche à le ramener à environ 3 % d’ici 2029, nécessitant la recherche de près de 40 milliards d’euros, soit deux fois plus que cette année, rapporte TopTribune.
Pour atteindre cet objectif ambitieux tout en finançant les dépenses militaires et le plan d’électrification nationale, le gouvernement reconnaît la nécessité d’augmenter les recettes fiscales et/ou de réduire les dépenses. La conjoncture économique actuelle, marquée par une croissance inférieure à 1 % et une inflation projetée autour de 1,9 % pour 2026, a déjà suscité des préoccupations quant à l’économie française, aggravées par les répercussions des conflits au Moyen-Orient.
Dans cette optique, plusieurs voies fiscales sont envisagées, parmi lesquelles une augmentation probable des impôts sur les entreprises, notamment celles dont les résultats sont jugés avantageux en temps de crise. Les grandes compagnies telles que BNP, Axa et TotalEnergies, qui affichent des bénéfices solides, pourraient être sollicitées davantage. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes, renouvelée récemment, devrait être prolongée, malgré les objections des syndicats patronaux. En 2025, cette mesure a généré plus de sept milliards d’euros pour l’État.
Le gouvernement évalue aussi l’élargissement de cette contribution à un plus grand nombre d’entreprises du CAC 40, visant particulièrement celles qui ont historiquement échappé à cette taxation en raison de bénéfices réalisés principalement à l’étranger.
Pour les ménages, l’idée d’une année blanche pourrait être mise sur la table. Cela inclurait la non-indexation des prestations sociales et des retraites sur l’inflation, ainsi que le barème d’imposition, ce qui pourrait faire entrer dans le cadre fiscal des foyers qui ne paient pas d’impôts actuellement, tout en augmentant la charge pour les contribuables existants. De plus, le gouvernement envisage de supprimer l’abattement de 10 % pour frais professionnels chez les retraités, mesure finalement maintenue cette année.
Ces propositions, bien qu’en phase d’exploration, pourraient se heurter à l’impopularité structurelle d’une augmentation d’impôts, particulièrement avec l’élection présidentielle à l’horizon.