Une proposition de loi sur l’antisémitisme suscite controverse en France
Le 9 avril 2026, la députée macroniste Caroline Yadan a proposé une loi visant à combattre les « formes renouvelées » d’antisémitisme, qui a suscité une pétition virulente signée par plus de 500 000 personnes. Les signataires dénoncent cette initiative comme une menace pour la liberté d’expression et un amalgame entre antisémitisme et antisionisme, rapporte TopTribune.
La proposition de loi, soutenue par 120 députés majoritairement de droite et du centre, est critiquée pour son ambition de « museler tout soutien à la cause palestinienne ». Plusieurs personnalités politiques, dont les ex-Premiers ministres Gabriel Attal et Michel Barnier ainsi que l’ancien président François Hollande, figurent parmi les cosignataires, soulignant une convergence politique sur cette question sensible.
Les opposants au texte affirment qu’il soutient la « politique colonialiste, génocidaire » d’Israël « contre les Palestiniens » et vise à « censurer le travail des journalistes et des chercheurs ». Pourtant, la loi, telle que modifiée par le Conseil d’État, ne interdit pas la critique de la politique israélienne ou le soutien à la création d’un État palestinien. Elle instaure un nouveau délit d' »appel à la destruction d’un État reconnu par la France » et élargit le champ du délit d’apologie du terrorisme en incluant « la provocation à des actes de terrorisme ». L’article 3 facilite également les poursuites pour les associations antiracistes.
Les partisans de la loi affirment qu’elle vise l’antisionisme lorsqu’il sert de couverture à l’antisémitisme. La vigilance est accrue face aux commentaires incitant à la violence, comme ceux du groupe LFI, qui ont qualifié le massacre de 1 200 personnes le 7 octobre 2023 d' »offensive armée de forces palestiniennes » et non d’attaque « terroriste ».
Cependant, cette question divise même au sein de l’Assemblée. Le groupe socialiste, qui s’était abstenu en commission, a finalement rejoint le groupe LFI dans son opposition à la proposition, tout comme la quasi-totalité des députés PS, qui voteront contre le texte. Curieusement, les membres du MoDem demandent un « retrait temporaire » de la proposition dans l’attente d’un climat « plus apaisé ».
Dans le contexte de la montée de l’antisémitisme en France, qui a vu 1 320 actes antisémites recensés l’an dernier, représentant 53 % de l’ensemble des actes racistes et anti-religieux, le besoin de protection contre toute forme de haine devient urgent. Avec environ 600 000 Juifs en France, soit moins de 1 % de la population totale, le nombre de signataires de la pétition reflète des inquiétudes bien ancrées.