Ce samedi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Saint-Denis pour dénoncer le racisme, à l’initiative du nouveau maire LFI Bally Bagayoko, qui a attiré l’attention nationale sur la discrimination raciale depuis son élection. «On veut plein de maires noirs contre la peste brune», scandaient les manifestants, rapporte TopTribune.
Le rassemblement s’est déroulé dans une ambiance calme et musicale sur le parvis de l’Hôtel de ville, réunissant syndicats, associations et figures politiques de gauche, dont les insoumis Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou.
«Une vague de racisme écœurant venant des élites»
«Nous venons dire avec fermeté et de manière définitive notre attachement viscéral aux valeurs de la République incarnées par celles et ceux qui sont héritiers et héritières de l’immigration», a déclaré Bally Bagayoko, s’attaquant aux «institutions défaillantes, parfois même complices», tout en étant victime d’une campagne de haine depuis son élection le 15 mars.
«Il s’agit d’un SOS de toutes celles et ceux qui appartiennent à la communauté de destin que nous voulons construire», a affirmé l’édile d’origine malienne face à la foule.
A la tribune, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé «une vague de racisme écœurant venant des élites politico-médiatiques qui ont étalé leur mépris à l’égard d’une partie de notre peuple sans réserve ni frein».
C’est honteux d’entendre de tels propos !
Sara, élève avocate de 26 ans originaire de Saint-Denis, a témoigné de son soutien à Bally Bagayoko face aux «attaques inadmissibles» qu’il a subies. «Il y a des gens PS qui sont ici mais ils ont lancé la première pierre», a-t-elle affirmé, en référence aux propos du maire sortant Mathieu Hanotin, qui avait insinué que les narcotrafiquants soutenaient Bagayoko.
Des pancartes portaient des slogans tels que «On veut plein de maires noirs contre la peste brune» et «la jeunesse emmerde le Front national !» ainsi que «Siamo tutti antifascisti !» (nous sommes tous des antifascistes en italien).
Kantéba Camara-Sissoko, auxiliaire de puériculture de 55 ans, a été «révoltée» par les déclarations à l’encontre du nouveau maire, ajoutant qu’il est «honteux d’entendre de tels propos!» en évoquant des commentaires dégradants diffusés sur CNews des 27 et 28 mars, comparant Bagayoko à «la famille des grands singes».
L’absence remarquée d’Aurore Bergé… comme le silence d’Emmanuel Macron
Bally Bagayoko a déploré que «celles et ceux qui aujourd’hui réduisent en fait cette marche uniquement à l’étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes de ce combat, qui est un combat contre le racisme, contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie et toutes les formes de discriminations». Il a également souligné l’absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, la qualifiant d’indispensable pour cet événement, bien qu’il ait reconnu son soutien par téléphone.
Le maire a aussi critiqué le «silence» d’Emmanuel Macron, soulignant que cela «confirme le fait qu’il n’est pas engagé dans cette lutte» contre le racisme.
Bally Bagayoko avait lancé l’appel à ce rassemblement le 29 mars via son compte Instagram, suite à des propos controversés le visant sur CNews. Jeudi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion», à la suite d’une plainte déposée par l’élu. Le préfet s’est constitué partie civile à la demande du Premier ministre, Sébastien Lecornu.