Dimanche, une tempête a frappé la rade de Brest, dans le Finistère, marquant un tournant politique significatif pour la ville. Après 37 ans de règne socialiste, la cité portuaire a vu son maire François Cuillandre remplacé par l’adversaire de droite Stéphane Roudaut, qui a recueilli 57,38 % des suffrages au second tour des municipales, rapportent TopTribune.
Cette défaite cuisante pour Cuillandre, en poste depuis 2001, reflète une usure du pouvoir. La droite, quant à elle, célèbre un succès retentissant, marquant la prise de la deuxième ville de Bretagne. Hormis les réélections de Nathalie Appéré à Rennes et d’Isabelle Assih à Quimper, plusieurs autres villes ont changé de mains, signalant un réel déplacement du paysage politique en Bretagne.
Des bastions socialistes tombent
La droite conserve Saint-Malo et Lorient et s’empare de Saint-Brieuc, où Victor Bonnot, 30 ans, a battu le maire sortant Hervé Guihard. Dans des villes de taille moyenne comme Lamballe, Fougères, Pontivy et Auray, la droite a également réalisé des gains considérables. Des bastions socialistes, jugés imprenables, tels que Hennebont ou Saint-Jacques-de-la-Lande, ont aussi chuté après des décennies de domination de la gauche.
Les analyses politiques divergent après ces résultats. Les Jeunes Républicains soulignent la « nette progression de la droite avec 87 villes remportées », interprétant ces changements comme une forte volonté de changement. De son côté, le président divers gauche de la région, Loïg Chesnais-Girard, met en avant les victoires de la gauche à Morlaix, Quimperlé et Paimpol tout en admettant que certaines dérives ont pu éloigner les électeurs. Il souligne également l’échec des alliances avec La France Insoumise, notant que « les confusions politiques ont un prix ».
La pression du RN reste modérée
Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, considère que ce scrutin démontre un recul du socialisme municipal en Bretagne, à l’exception de Rennes, sa principale forteresse. Il note un retour vers le centre-droit d’un électorat centriste, précédemment tourné vers la gauche. Thomas Frinault mentionne également que la droite et le centre en Bretagne ont moins subi la pression du Rassemblement national (RN) par rapport à d’autres régions, même si le RN a montré des signes de progression. Dans les villes où le RN était en lice, une partie de son électorat a voté pour le candidat de la droite et du centre. Bien que le RN ait quadruplé ses scores, atteignant vingt élus dans les conseils municipaux de plus grandes villes bretonnes, le paysage reste dominé par la droite.