La France somme l’ambassadeur américain après des déclarations controversées
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a appelé l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, à répondre à une convocation, avertissant qu’il ne pourrait pas « exercer sa mission » dans le pays s’il ne le fait pas, rapporte TopTribune.
« Il n’y a rien de plus habituel que de convoquer un ambassadeur lorsque des explications doivent être fournies », a déclaré Barrot à France Info mardi, indiquant que Kushner serait interdit d’accès aux ministres français en attendant. « Lorsque ces explications auront eu lieu, l’ambassadeur des États-Unis en France retrouvera, bien sûr, l’accès aux membres du gouvernement français », a-t-il ajouté.
Kushner, père du gendre de l’ex-président Donald Trump, Jared, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères par Barrot dimanche en raison des commentaires émis par le département d’État américain et l’ambassade à Paris sur les réseaux sociaux. Cependant, selon des médias français, il n’a pas daigné se présenter.
Les publications en question concernent le décès de l’activiste d’extrême droite Quentin Deranque, décédé plus tôt ce mois-ci des suites de blessures à la tête lors d’un affrontement entre des groupes d’extrême droite et de gauche à Lyon.
Le Bureau de lutte contre le terrorisme du département d’État américain a indiqué jeudi que Deranque avait été « tué par des militants de gauche » et que ces rapports avaient été « corroborés par le ministre français de l’Intérieur ». « Le radicalisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique. Nous continuerons de surveiller la situation et nous attendons à ce que les auteurs de la violence soient traduits en justice », peut-on lire dans le communiqué.
Ce post a été repris par l’ambassade des États-Unis à Paris le jour suivant. Barrot a fortement condamné les déclarations des bureaux américains, affirmant : « Nous rejetons toute instrumentalisation de cette tragédie, qui a plongé une famille française dans le deuil, à des fins politiques. Nous n’avons aucune leçon à tirer, en particulier sur la question de la violence, du mouvement réactionnaire international », a-t-il déclaré dimanche.
TIME a contacté l’ambassade des États-Unis à Paris et les représentants de Kushner pour obtenir un commentaire.
Précédemment, la France avait déjà convoqué Kushner l’année dernière après qu’il avait accusé le gouvernement français de favoriser l’antisémitisme à travers ses critiques d’Israël. Le ministère français des Affaires étrangères avait réfuté ces allégations, qui étaient appuyées par le département d’État américain. Plutôt que de se présenter au ministère, Kushner aurait envoyé le chargé d’affaires de l’ambassade américaine à sa place, selon AFP.
Trump a annoncé son intention de nommer Kushner ambassadeur en France en novembre 2024, suite à sa victoire à l’élection présidentielle. Certains considéraient ce choix comme controversé, étant donné la précédente condamnation de Kushner pour évasion fiscale et tentative d’entrave à la justice, parmi d’autres accusations fédérales. Trump avait gracié Kushner durant son premier mandat en 2020.