La France Insoumise sous pression après la mort de Quentin Deranque
Onze personnes sont en garde à vue depuis le 18 février, suspectées d’être impliquées dans la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon. Parmi ces suspects, deux collaborateurs du député insoumis Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune garde. En parallèle, le siège de La France insoumise (LFI), situé près de la Gare de l’Est à Paris, a été évacué suite à une menace à la bombe, plongeant le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dans une tourmente sans précédent, rapporte TopTribune.
La France Insoumise est particulièrement ciblée par le Rassemblement national (RN). Le président du RN, Jordan Bardella, a déclaré sur CNews : « L’extrême gauche a tué, c’est un point de bascule extrêmement grave. Jean-Luc Mélenchon a des comptes à rendre. » Le Premier ministre a également exhorté La France Insoumise à « faire le ménage dans ses rangs. » Jean-Luc Mélenchon a répondu avec véhémence, affirmant que « Sébastien Lecornu a pété un câble. » La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a insisté pour l’exclusion, même temporaire, de Raphaël Arnault, ce à quoi Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a opposé un refus catégorique.
Lors d’un discours devant ses militants mardi soir, Mélenchon a tenté de se distancier des accusations, appelant à ne pas céder à « la surenchère. » Il a déclaré : « Aujourd’hui même, alors que nous sommes sous le coup des accusations les plus grotesques, les plus ridicules, les injustes, les plus dangereuses pour nos personnes, ne cédons pas à la facilité. » Il a réaffirmé la nécessité d’une analyse pondérée et d’éviter de devenir « un accélérateur de la violence. » Les dirigeants de LFI rapportent également avoir reçu des menaces depuis la mort de Deranque.
Raphaël Glucksmann a été l’un des premiers à qualifier d’ « impensable » toute alliance avec La France Insoumise. Le Parti socialiste (PS) se démarque tout autant, avec Olivier Faure appelant à s’éloigner des mouvements violents, et l’ancien président François Hollande affirmant sur BFM que « la relation avec LFI est terminée. » Pour les futures élections municipales, il n’y aura pas d’alliance entre les socialistes et LFI, et quant à l’élection présidentielle de 2027, Hollande a statué que « la gauche réformiste » doit aller jusqu’au second tour, « et que Jean-Luc Mélenchon n’y a pas sa place. »
Cette rupture touche également les anciens membres de LFI. Alexis Corbière s’est éloigné de la ligne de Mélenchon, soulignant que celui-ci doit « aider maintenant à ce que toute la gauche arrête d’être embarquée à justifier parfois l’injustifiable. » Il a critiqué une ligne de conduite radicale entraînant des conséquences désastreuses.
À un mois des élections municipales et un peu plus d’un an avant l’élection présidentielle, ces déclarations soulèvent des questions quant aux récits politiques à venir et à la possibilité d’alliances à gauche, notamment dans le cadre d’une primaire élargie avec des écologistes et des socialistes.