Le maire RN de Castres annule la représentation d’une pièce sur les migrants, suscitant une vive controverse
La décision du nouveau maire de Castres, Florian Azéma, d’annuler la représentation de la pièce Passeport d’Alexis Michalik, prévue pour février, a déclenché une forte réaction dans le paysage politique français. Cette pièce, qui raconte l’odyssée d’un jeune migrant laissé pour mort dans la jungle de Calais, avait déjà rencontré un succès notable. Le maire justifie cette annulation en évoquant le « changement de majorité » et la « totale liberté de revenir sur cette programmation », rapporte TopTribune.
Azéma a précisé qu’aucun contrat n’avait été signé avec l’auteur, soulignant ainsi la prérogative des élus en matière de programmation culturelle. Il a ajouté que la pièce « promouvait les clandestins » et adoptait un traitement « particulier » envers les forces de l’ordre, ce qui ne correspondait pas à ses valeurs défendues lors de sa campagne électorale.
Cette décision a suscité un silence apparent au sein du parti Rassemblement National, mais certains responsables ont exprimé leur approbation. Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, a salué l’initiative, tout comme le député Alexandre Loubet, qui a posé une question provocatrice sur la possibilité que la gauche finance une œuvre qui promeut le nucléaire.
Des réactions critiques ont également émergé. Olivier Faure, le leader du Parti Socialiste, a déclaré que cette décision ne le surprenait plus, tout en prévenant que « chacun est désormais prévenu ». Ian Brossat, sénateur communiste, a évoqué une « censure » orchestrée par l’extrême droite, caractérisant cela comme le véritable « cancel culture » lorsque l’œuvre ne s’aligne pas sur leur vision rétrograde.
Michael Delafosse, maire socialiste de Montpellier, a mis en garde contre les dangers posés par l’extrême droite sur la liberté de création, affirmant qu’une « ombre brune se lève progressivement » en France, une déclaration qui illustre les inquiétudes grandissantes face à l’autoritarisme culturel.
Depuis les élections municipales récentes, le Rassemblement National dirige désormais 70 communes et leurs décisions continuent de provoquer des controverses, touchant non seulement le domaine culturel mais également d’autres sphères. Il a déjà été constaté que plusieurs mairies dirigées par des maires RN ont retiré le drapeau européen de leurs hôtels de ville et restreint les subventions à diverses associations.
Un exemple récent est celui du maire de Carpentras, Hervé de Lepinau, qui a voté la suppression des subventions au Planning Familial. Cette association, engagée depuis des décennies pour la défense du droit à la contraception et à l’avortement, a été considérée par certains responsables du RN comme trop politisée pour recevoir une aide publique. L’opinion personnelle du maire, qui a comparé l’avortement à un « génocide », soulève des interrogations sur les motivations de cette décision.
Il semble qu’au sein du RN, il y ait une préoccupation croissante concernant l’impact de leurs choix sur les futures élections présidentielles, avec des élus appelés à faire preuve de discernement dans leurs actions politiques.