Découverte de Charax Spasinou, ville antique fondée par Alexandre le Grand en Irak

Découverte de Charax Spasinou, ville antique fondée par Alexandre le Grand en Irak

16.02.2026 08:36
2 min de lecture
Culture / Sciences

Des recherches menées sur plus de 500 kilomètres carrés ont permis de confirmer l’emplacement d’une ville mentionnée par les sources antiques, mais jamais fouillée jusqu’à présent.

Le désert irakien vient de livrer un de ses plus beaux secrets. Des archéologues ont découvert des vestiges de Charax Spasinou, une métropole antique longtemps considérée disparue, rapportent TopTribune. Cette «Alexandrie de l’Irak», ultime témoignage de l’ambition d’Alexandre le Grand, cesse d’être une simple mention dans les textes anciens.

Établie en 324 av. J.-C., un an avant la mort d’Alexandre le Grand à Babylone, la ville était conçue pour accueillir des colons et des vétérans de son armée. Cependant, son histoire a été marquée par des événements tumultueux, à l’image du Tigre qui l’a bordée.

Le romain Pline l’Ancien écrivait dans son ouvrage Naturalis Historia: «La ville d’origine fut fondée par Alexandre le Grand avec des colons amenés de la cité royale de Durine, qui fut ensuite détruite, et avec les soldats invalides de son armée qui y furent laissés. Il avait donné l’ordre qu’elle s’appelle Alexandrie.»

Après des inondations dévastatrices, le roi arabe Spaosines a redonné vie à la ville en érigeant des remparts massifs et en surélevant le terrain sur une zone de près de 10.000 mètres de circonférence, d’où son nom historique : Charax Spasinou.

Le rôle crucial de la technologie

La localisation de cette métropole était, jusqu’à présent, mue par la spéculation. Malgré des photos aériennes de la Royal Air Force montrant des structures enfouies depuis les années 1960, l’instabilité géopolitique a entravé toute fouille pendant plus de cinquante ans.

À partir de 2014, les chercheurs ont entrepris des prospections de surface sur plus de 500 kilomètres carrés. L’utilisation de drones pour créer un modèle topographique détaillé, combinée à des magnétomètres, a permis aux géophysiciens de visualiser les structures enfouies. Ils ont ainsi découvert des fragments de poterie, des débris industriels et des briques dispersées sur le site.

Les relevés magnétiques révèlent une ville dynamique du point de vue logistique, avec de larges rues, des blocs d’habitations denses, des complexes de temples et des quartiers artisanaux équipés de fours à briques. Cela suggère que Charax Spasinou ne se limitait pas à une garnison, mais représentait un véritable pôle économique, idéalement situé entre le Tigre et l’Eulaeus pour contrôler les routes commerciales de la Mésopotamie. Des bassins portuaires et des canaux ont également été identifiés, témoignant d’une impressionnante ingénierie hydraulique.

Les chercheurs espèrent que la stabilisation politique de la région permettra d’entamer de véritables fouilles pour découvrir tous les trésors de cette cité vieille de 1.200 ans, un projet qui pourrait réécrire des chapitres entiers de l’histoire hellénistique et rendre justice à l’une des dernières œuvres d’Alexandre le Grand.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER