Procès de Marine Le Pen : elle conteste l'existence d'un système de détournements de fonds européens

Procès de Marine Le Pen : elle conteste l’existence d’un système de détournements de fonds européens

20.01.2026 19:26
2 min de lecture

Marine Le Pen face à la justice : un procès qui pourrait déterminer son avenir politique

Le 20 janvier 2026, devant la cour d’appel de Paris, Marine Le Pen, leader du Rassemblement national (RN), a entamé un interrogatoire crucial dans le cadre de son procès pour détournement de fonds publics européens, mettant en jeu sa carrière politique. Ayant déjà été condamnée en première instance à quatre ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité, Le Pen s’est présentée avec sérieux, observant l’audience tout en prenant des notes, rapporte TopTribune.

À son tour de prendre la parole à 13h30, elle a dû répondre aux accusations qui l’entourent. Le moment était d’une grande importance, non seulement pour elle-même mais aussi pour son parti, alors que plusieurs caméras du monde entier scrutaient ses réactions. La cour a rappelé les fondements de l’accusation, qui soutient que le RN aurait détourné des fonds alloués par l’Union européenne pour rémunérer des assistants parlementaires entre 2004 et 2016.

Le Pen a amorcé sa défense en reconnaissant l’existence potentielle de délits, mais en insistant sur le fait qu’aucune intention malicieuse n’était derrière ses actions. « Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis –, je veux bien l’entendre », a-t-elle déclaré, cherchant à amener un tournant dans sa ligne de défense.

Elle a également réitéré que le Parlement européen était conscient de la mutualisation de certains assistants, contestant ainsi l’accusation d’un prétendu « système » de fraude. « Il n’a jamais reproché [au RN] le travail de [ses] assistants parlementaires. Il était au courant de la mutualisation des assistants pendant dix ans », a-t-elle affirmé.

Marine Le Pen a admis la situation des « assistants mutualisés », mais a souligné la diversité des cas et l’absence de preuve d’une volonté d’optimiser les finances du RN. « Le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, mais tous ces gens travaillaient », a-t-elle rassuré la cour.

« La masse salariale du Front national n’a cessé d’augmenter, en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Or ça ne se voit absolument nulle part. »

Marine Le Pen, cheffe des députés RN à l’Assemblée

au cours de son premier interrogatoire à son procès en appel

Le ton s’est rapidement intensifié lors de l’interrogatoire autour de l’affaire de Thierry Légier, ancien garde du corps de Le Pen, employé en tant qu’assistant parlementaire. « Le Parlement européen était informé qu’il était agent de sécurité et, au bout de vingt-cinq ans, ça a semblé poser problème », a-t-elle ironisé. La présidente de la cour a ensuite évoqué une réunion à Strasbourg en 2014 où Le Pen aurait affirmé que chaque député aurait un assistant parlementaire et que les fonds restants bénéficieraient au parti. « C’est faux ! », a-t-elle répondu, niant cette accusation de manière formelle.

Des courriels incriminants ont également été discutés, un ancien eurodéputé ayant exprimé des doutes sur les pratiques de Le Pen concernant les assistants parlementaires, ce à quoi elle a réagi en affirmant qu’elle n’avait jamais eu connaissance de tels messages. « J’ai découvert ces mails dont je n’étais pas destinataire », a-t-elle insisté.

L’interrogatoire a été particulièrement tendu lors des questions sur Julien Odoul, assistant parlementaire, où Le Pen a nié qu’il ait travaillé à plein temps pour elle. La présidente de la cour a continué à interroger Le Pen jusqu’à la fin de l’heure, la séance étant suspendue jusqu’à la reprise prévue le lendemain.

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