Maladie chronique des mains : l’eczéma impacte la vie quotidienne et professionnelle
L’eczéma chronique des mains (ECM), se manifestant par des lésions persistantes aux mains et aux poignets, perturbe gravement la qualité de vie des patients. Avec une durée d’existence de plus de trois mois ou des rechutes fréquentes au moins deux fois par an, la maladie se développe par cycles, engendrant des poussées douloureuses et des phases de répit. Selon une étude récente, près de 75 % des patients rapportent des troubles du sommeil causés par des démangeaisons, et 80 % éprouvent une gêne liée à l’apparence de leurs mains, ce qui rend les gestes quotidiens ardus, rapporte TopTribune.
Les manifestations de la maladie incluent une peau sèche, irritée, voire fissurée, limitant les capacités d’interaction avec des objets du quotidien. L’évaluation des conséquences professionnelles devait être priorisée, car 19,5 % des patients ont changé d’emploi à cause de cette affection, et 17 % ont dû prendre un arrêt maladie durant l’année écoulée.
Les métiers manuels sont particulièrement concernés, avec des gestes simples devenant problématiques : ouvrir des flacons ou manipuler des outils. La répétée exposition à des produits chimiques ou à l’humidité exacerbe les symptômes, rendant parfois impossible la continuation de l’activité professionnelle. Certaines professions, telles que coiffeurs, professionnels de santé, et travailleurs dans le bâtiment, se retrouvent notamment en première ligne.
Vivre avec l’eczéma des mains : témoignages de patients
Margaux Amat, qui vit avec la maladie depuis son enfance, explique : « L’eczéma fait partie de ma vie depuis ma naissance. J’ai dû changer de métier après des poussées insupportables qui rendaient mes gestes quotidiens impossibles. » Son parcours professionnel l’a conduite dans des emplois où l’exposition à divers irritants a exacerbé son état. Après avoir fait face à un arrêt maladie prolongé, elle a finalement réorienté sa carrière vers la fonction publique, sans parvenir à se libérer des angoisses liées à la récurrence de ses symptômes.
Pareillement, Claudie Le Gall, infirmière, partage son expérience de vie marquée par des ajustements constants pour faire face à sa maladie. « J’ai toujours utilisé des gants pour les soins et limité le contact avec des agents irritants. Malgré mes efforts, l’utilisation quotidienne de solutions hydroalcooliques a entraîné des poussées majeures. Le fait de devoir m’adapter constamment a été mon quotidien. »
Support de l’Association française de l’eczéma
Pour faire face à ces défis, l’Association française de l’eczéma joue un rôle crucial, en fournissant aux patients des informations précieuses et des conseils pratiques. Sa fondatrice, Stéphanie Merhand, souligne l’importance de l’accompagnement et de la sensibilisation, et plaide pour une amélioration de l’accès à des traitements innovants ainsi qu’une prise en charge des soins hydratants essentiels, souvent coûteux. De nouvelles solutions sont à la disposition des patients, qui sont encouragés à en discuter avec leur dermatologue.