L'origine de l'expression "la trêve des confiseurs" et son impact sur la politique française

L’origine de l’expression « la trêve des confiseurs » et son impact sur la politique française

27.12.2025 17:47
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Suspension des travaux à l’Assemblée nationale : retour sur « la trêve des confiseurs »

L’Assemblée nationale a suspendu ses travaux cette semaine, jusqu’au début de janvier, une pratique connue sous le terme « trêve des confiseurs ». Ce terme n’est pas issu du Moyen-Âge ni d’un mythe religieux, mais représente une réalité historique illustrant la situation actuelle de notre vie publique, rapporte TopTribune.

Pour comprendre cette expression, il faut remonter à la fin du XIXe siècle, en 1874, alors que la France subissait deux événements tragiques : la défaite face à l’Allemagne suivie de la Commune, une guerre civile entre les Parisiens et le gouvernement conservateur de Versailles dirigé par Adolphe Thiers. À cette époque, l’Assemblée comptait une majorité favorable à un retour à la monarchie, regroupant des royalistes légitimistes et des orléanistes, ainsi que des bonapartistes inquiets de la gauche.

A la veille de Noël 1874, les républicains avaient renforcé leur soutien lors des élections partielles, rendant les monarchistes moins dominants. Trois ans de gouvernement provisoire amenaient les députés à discuter d’institutions durables, nécessitant des règles ou un semblant de Constitution. À cette époque, les tensions étaient palpables et le public suivait ces débats, comme c’est le cas aujourd’hui.

Les parlementaires convinrent cependant de suspendre leurs débats durant les fêtes de Noël et du Nouvel An, et de se retrouver pour les vœux, afin que les tensions politiques ne perturbent pas le commerce. Chaque camp espérait mobiliser ses partisans en vue des débats à venir.

La presse de l’époque a qualifié cette interruption infractaire de « trêve des confiseurs », une expression dont l’origine reste incertaine, suggérant que le but ultime était de favoriser les pâtissiers et autres artisans sucriers. Cette terminologie agita les monarchistes, notamment le duc de Broglie, qui l’interprétèrent comme une critique du gouvernement moral qu’ils soutenaient.

En effet, à Paris, l’afflux de touristes pour les fêtes avait déjà débuté avec des kermesses où l’on pouvait acheter des douceurs. Malgré cette pause festive, le combat politique reprenant de plus belle en janvier, atteignit son apogée lors du vote de l’amendement Wallon, adopté le 30 janvier 1875, instaurant la présidence de la République par une majorité absolue, un fait marquant de la IIIe République.

Nous espérons que cette trêve actuelle des confiseurs ne conduira pas seulement à un accroissement du poids de nos parlementaires, mais qu’elle leur permettra également de trouver des solutions pour surmonter le marasme institutionnel et budgétaire que nous connaissons, comme leurs prédécesseurs avaient su le faire…

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