La République de Zambie s’affirme dans la course à l’espace en pleine Guerre froide
Le 19 avril 2026, Edward Makuka Nkoloso, un enseignant zambien, a annoncé son ambition de faire participer son pays à la conquête de l’espace. En 1964, à l’occasion de l’indépendance de la Zambie, Nkoloso, 45 ans, rêve de planter le drapeau zambien sur la Lune, malgré le scepticisme ambiant, rapporte TopTribune.
Autoproclamé ministre de la recherche spatiale, Nkoloso admet que le défi est immense, en raison du coût prohibitif associé à une telle entreprise. Lors d’une interview avec le Nashua Telegraph en août 1965, il a déclaré: «Nous avons dû reporter notre projet de planter le drapeau zambien sur la Lune. Mais ce n’est qu’un contretemps temporaire. Je n’ai pas encore reçu de réponse à ma demande adressée aux Nations unies pour un prêt de 19,6 millions de dollars.» Le budget de la NASA, à l’époque, était cinq fois supérieur au PIB zambien.
Situé à Lusaka, le programme spatial de Nkoloso souffre d’un manque de financements. Pour contourner cette contrainte, il propose des méthodes d’entraînement originales à ses candidats astronautes, surnommés les «Afronautes». Ceux-ci doivent simuler la microgravité en se balançant sur des cordes ou en dévalant des pentes dans des barils de pétrole vides. «Qu’est-ce qui pourrait mal tourner?» demande-t-il avec une ironie manifeste.
Malgré ses efforts, le désintérêt global pour le projet persiste, tant de la part des gouvernements étrangers que de ses propres étudiants, qui finissent par quitter l’initiative pour se concentrer sur leurs études. Selon le Nashua Telegraph, «Des sources gouvernementales précisent que le président zambien a demandé à Nkoloso de tempérer son enthousiasme.»
La réaction internationale face aux ambitions de la Zambie va de l’amusement au mépris. Des voix critiques, comme celle de l’écrivain britannique A.K. Chesterton, se moquent de la situation: «La mascarade de l’Africain se présentant comme un homme politique capable de prendre les rênes d’un État moderne… n’a nulle part été mise en évidence de manière plus grotesque qu’en Zambie.»
Les rêves d’un homme
Nkoloso, ancien soldat et engagé dans des mouvements révolutionnaires, semble avoir utilisé ce projet pour encourager l’autodétermination des nations africaines au moment où elles se libéraient du colonialisme. Il a su attirer l’attention des médias, et malgré l’absence de validation, il se les imagine capables de rivaliser avec les grandes puissances, tout en moquant leur compétitivité. «Eh bien, ils vont être surpris par nos ressources et notre intelligence… Je suis sûr qu’on va les rattraper,» déclare-t-il lors d’un reportage télévisé.
Malgré cet élan initial, la réalité du projet reste celle d’ambitions non concrétisées. Bien que le vaisseau en aluminium n’ait jamais décollé de Lusaka, cela n’a pas effacé les aspirations de Nkoloso et de ses Afronautes. Avec l’inauguration, en 2025, de l’Agence spatiale africaine (ASAf) pour consacrer des efforts dans les initiatives spatiales à l’échelle du continent, l’héritage de Nkoloso reste vivant.