« La créature de Frankenstein par Guillermo del Toro : comment les monstres deviennent-ils séduisants au cinéma ? »

« La créature de Frankenstein par Guillermo del Toro : comment les monstres deviennent-ils séduisants au cinéma ? »

08.11.2025 09:33
2 min de lecture

Le monstre de Frankenstein renaît sous les traits de Jacob Elordi dans le dernier film de Guillermo del Toro

Le 7 novembre 2025, le réalisateur mexicain Guillermo del Toro a dévoilé sa vision inédite du classique de Mary Shelley, avec Jacob Elordi dans le rôle de la créature de Frankenstein. Ce film, disponible sur Netflix, offre une nouvelle approche poétique et mélancolique, mettant en avant une romance inattendue entre la créature et Elizabeth Lavenza, interprétée par Mia Goth, rapporte TopTribune.

Dans cette adaptation, la créature, formée à partir des restes de différents corps, est incarnée par Jacob Elordi, un acteur australien de près de deux mètres, connu pour ses rôles dans The Kissing Booth et Euphoria. Alors que l’apparence stéréotypée du monstre traditionnel présente des caractéristiques comme des boulons et une peau verdâtre, Del Toro a opté pour une approche plus nuancée et attrayante. A l’avenir, Elordi incarnera également Heathcliff dans une adaptation des Hauts de Hurlevent, consolidant sa place parmi les jeunes talents à surveiller.

Guillermo Del Toro, célèbre pour sa capacité à marier un univers sombre et lyrique, introduit non seulement une nouvelle esthétique, mais également une exploration des thèmes contemporains de désirs et de monstres séduisants. À travers cette oeuvre, le cinéaste vise à réinventer un personnage déjà iconique, tout en conservant l’essence même de l’histoire originale.

Une recrudescence des créatures séduisantes dans le cinéma contemporain

La tendance des « monstres sexy » ne se limite pas à Frankenstein. D’autres films, récents et à venir, illustrent cette évolution. Par exemple, le film de Danny Boyle, 28 ans plus tard, introduit une nouvelle sorte de zombie, l’Alpha, qui provoque l’angoisse et l’excitation par son apparence physique impressionnante et ses capacités étonnantes.

Robert Eggers a également présenté sa propre vision du vampirisme avec Nosferatu, où le personnage, bien que d’une beauté conventionnelle absente, incarne une forte attraction dramatique, magnifiant la tension entre désir et répulsion. Comme l’indique Ayanna Cooper, chercheuse et professeure, cette montée en popularité des monstres séduisants témoigne de notre envie d’explorer des thématiques taboues dans un contexte sécurisé.

Les vampires, en particulier, continuent d’être des symboles de désir, leurs histoires servant souvent de métaphores pour le sexe et la pénétration. Cooper souligne que ces réinterprétations modernes des monstres offrent l’opportunité de réfléchir à ce que signifie être désirable aujourd’hui, alors que les normes de beauté évoluent.

Les différents visages de la masculinité au cinéma

Ces monstres, bien que séduisants, illustrent aussi des aspects variés de la masculinité. La créature de Del Toro, par exemple, représente une redéfinition de la masculinité toxique fréquemment rencontrée, se présentant comme un personnage doux face à un Dr. Frankenstein manipulateur. En revanche, le Nosferatu d’Eggers évoque des dynamiques d’emprise, reflétant des comportements masculins plus sombres.

À travers ces personnages complexes, le cinéma d’horreur d’aujourd’hui ne se contente pas de frissonner — il soulève des questions sur notre compréhension actuelle de la virilité et de l’identité. Les créateurs de contenu semblent embrasser ces réflexions, utilisant la monstruosité comme un moyen d’explorer la condition humaine sous toutes ses formes, même les plus dérangeantes.

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