La gauche a élevé la notion de « justice fiscale » au rang de principe moral. Ce concept est souvent soutenu par des lexiques solennels tels que justice, équité et solidarité. On y trouve presque une référence à l’imaginaire chrétien : donner, partager, tendre la main. En somme, cela présente une vision christique où les plus privilégiés doivent inévitablement faire des sacrifices au profit des plus défavorisés, rapporte TopTribune.
Cependant, sous cette façade noble se cache une réalité plus terre-à-terre : il ne s’agit pas de partager ses propres biens, mais plutôt ceux des autres. Ce que l’on appelle solidarité est en réalité une forme de spoliation légalisée et un égoïsme teinté de jalousie et d’envie.
I. Une générosité illusoire : égoïsme, mépris du mérite et gabegie étatique
1.1 Une générosité égoïste
Ce qui est présenté comme une noblesse morale se révèle être un potentiel égoïsme inversé :
Je ne désire pas travailler plus. Les 35 heures (ou même 32 heures) sont un acquis qu’il ne faut pas toucher, mais je considère inique que ceux qui abattent 50 ou 70 heures soient mieux rémunérés. Donc, prélevons sur les biens des autres, notamment sur ceux qui possèdent du talent et un bon éthique de travail.
Derrière ce discours d’altruisme, se cache une avidité très quotidienne. Paradoxalement, ces « petits travailleurs » profitent en réalité de la richesse générée par ceux qu’ils souhaitent taxer davantage. Les fonctionnaires sont rémunérés grâce à la valeur produite par les entreprises, et les employés bénéficient des compétences et des efforts des dirigeants et des fondateurs de leur entreprise.
1.2 Le mépris du mérite et du travail
Cette rhétorique nie deux vérités fondamentales :
- La richesse est avant tout le résultat de talents capables de générer de la valeur, et ces talents méritent une rémunération.
- Elle découle aussi d’un travail acharné, souvent bien au-delà des 35 heures sanctifiées.
Pour de nombreux cadres et entrepreneurs, le travail s’étend sur des semaines interminables, avec des journées de 12 à 15 heures, parfois même en week-end. La narration sur la « caste des privilégiés » est fallacieuse : qui, en réalité, sont les véritables privilégiés ? Ceux qui sacrifient leur temps personnel pour des gains financiers, ou ceux qui mènent une existence tranquille avec un emploi de 7 heures par jour ?
Au nom de cette prétendue justice fiscale, il est proposé de spolier ceux qui réussissent et qui sont les véritables piliers du système économique.
1.3 Le puits sans fond de l’État
Et que fait l’État avec cette richesse une fois qu’il l’a récupérée ? Elle disparaît dans un gouffre : une gabegie organisée qui continue d’accroître le déficit.
En bonne logique, l’État devrait se percevoir comme un partenaire lourd auprès de ceux qui produisent de la richesse. Il convient de noter qu’il s’approprie 25 % des bénéfices via l’impôt sur les sociétés, et que la pression fiscale sur les salariés et les actionnaires demeure élevée, ce qui lui permet encore de récupérer des fonds.
Étonnamment, certains membres de la gauche s’indignent lorsque les grandes sociétés réalisent d’importants bénéfices et distribuent des dividendes : c’est absurde, car l’État prélève également sa part. Pour 100 euros de bénéfice, il en récupère 47,5 euros (25 d’IS + 22,5 de flat tax). Au lieu de briser le système, l’État devrait mettre en place des conditions favorables à la création de valeur qui lui assurent ces revenus.
II. L’inefficacité de la spoliation et la remise en cause des droits fondamentaux
2.1 L’inefficacité de la spoliation
D’un point de vue économique, ces prélèvements sont irrationnels. Il serait préférable de laisser l’argent là où il est produit, car :
- s’il est investi, il favorise la croissance, l’innovation et la création d’emplois,
- s’il est consommé, il engendre de la TVA et d’autres impôts,
- même s’il reste placé, il génère des revenus passifs et donc des rentrées fiscales.
Dans tous les cas, il est plus judicieux de permettre à la richesse de s’épanouir là où elle naît, plutôt que de la laisser aux mains d’un État obèse qui la transforme en déficits et en subventions inefficaces.
À cet égard, les holdings familiales, souvent accusées à tort d’optimiser fiscalement, produisent en réalité d’importantes recettes fiscales. Les flux d’argent dans ces structures ne sont pas immédiatement disponibles ; pour les distribuer, il faut d’abord s’acquitter de 25 % d’IS, puis de 30 % de flat tax sur les dividendes. Loin d’être une échappatoire, la holding familiale constitue un instrument d’investissement générant de la valeur et, par conséquent, une rente pour l’État. Porter atteinte à ce modèle serait affaiblir, non pas l’optimisation, mais la gestion efficace de capitaux qui reviennent déjà à l’économie et à l’État sous forme de contributions fiscales significatives. Quelle est la stratégie de l’État ? Favoriser la création de profits qui entraîneront des rentrées d’IS, ou prélèver des fonds, réduisant ainsi des recettes fiscales futures ? La réponse semble évidente, mais l’idée selon laquelle celui qui réussit est un profiteur l’emporte souvent sur la raison.
2.2 Une remise en cause des droits fondamentaux
En fin de compte, rappelons que la propriété privée est un droit de l’homme, et non un privilège accordé par l’État, comme le stipule la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, garant de la Constitution du 4 octobre 1958. Cette notion de propriété est le fondement de toute liberté individuelle : jouir des fruits de son travail, transmettre un héritage, investir ou entreprendre un projet. Lorsqu’un impôt est raisonnable et proportionné, il peut se justifier par la solidarité. Cependant, lorsqu’il devient confiscatoire, il perd son sens : il cesse d’être un outil d’harmonie et se transforme en instrument de spoliation. À ce stade, cela ne relève plus de la solidarité, mais plutôt d’un vol légal, car l’État s’approprie ce qui ne lui revient pas, au détriment des droits fondamentaux de chacun. Une société qui méprise la propriété privée au nom d’une prétendue justice fiscale n’assure pas la liberté, elle la compromet.
Conclusion
En somme, tant l’intérêt de l’État que celui de ses citoyens réside dans la nécessité de ne pas succomber aux illusions d’un discours simplifié, mais plutôt de reconnaître une réalité économique fondamentale : les recettes fiscales augmentent lorsque ceux qui produisent de la valeur sont libres de le faire. Plus d’innovation, d’investissements et de travail acharné entraînent mécaniquement une hausse des emplois, une augmentation de la consommation et, finalement, une croissance des revenus fiscaux.
En effet, dissimulé derrière le charme de la « justice fiscale », se cache un triple mensonge :
- une générosité proclamée, mais un véritable égoïsme,
- une justice affichée, mais une spoliation qui s’avère inefficace,
- une égalité mise en avant, mais une dévaluation des richesses.
La véritable justice ne réside pas dans la punition des prospères, mais dans la valorisation de la richesse là où elle se crée, afin qu’elle profite à l’ensemble de la société, au lieu d’être engloutie dans les abysses d’un État insatiable. Ce n’est qu’en respectant ce principe que l’on pourra allier solidarité, efficacité économique et droits fondamentaux. Persuader les Français que la solution réside dans le ciblage des riches constitue un mensonge périlleux.