Les défis de la rentrée scolaire pour les immigrants à Montréal
Le mercredi 24 août 2025, à Montréal, des familles d’immigrants se préparent à la rentrée scolaire, une période éprouvante intensifiée pour les nouveaux arrivants. Andrea Garcia et Nancy Salamanca, employée d’un organisme local, échangent un moment chaleureux dans les bureaux de l’Accueil aux immigrants de l’est de Montréal (AIEM). Ce matin-là, Salamanca offre des sacs scolaires à Garcia, allégeant un peu le fardeau de la mère de famille, qui fait face à de nombreuses difficultés depuis deux ans, rapporte TopTribune.
Andrea Garcia, avec son conjoint et leurs trois enfants, a demandé l’asile au Canada en août 2023 après avoir fui un Mexique devenu trop dangereux. Leurs enfants, âgés de 8, 11 et 14 ans, entament leur deuxième année scolaire au Québec cette semaine. La pression que ressent Andrea, 33 ans, est significative. « J’y pense, et mon sommeil part », confie-t-elle en espagnol.
Les préoccupations majeures incluent l’achat de matériel scolaire, les uniformes et surtout les défis financiers. Andrea a récemment perdu son emploi, tandis que son conjoint a vu ses heures de travail réduites en usine à cause des droits de douane américains. « J’ai dû demander un prêt à la banque pour payer les frais de scolarité, mais j’hésite encore à l’accepter », dit-elle. « Je pense demander à l’école la permission de payer l’autre moitié des frais plus tard, parce que c’est difficile. »
Pour sa deuxième fille, arrivée au Canada à 9 ans, la transition scolaire a été particulièrement délicate. Elle a eu du mal à s’adapter à la langue française et a souvent éprouvé des difficultés émotionnelles. Heureusement, cela commence à s’améliorer, et la famille profite de moments ensemble en regardant un film en français chaque semaine, un pas vers l’intégration.
Nancy Salamanca souligne l’importance de l’accompagnement à cette période : « Les enfants doivent s’intégrer à leur milieu scolaire et comprendre leur nouveau quotidien. Ils traversent souvent plusieurs pays avant d’aboutir ici, ce qui complique leur adaptation. » Selon elle, le mois de septembre est particulièrement chargé en émotions et en stress pour les familles d’immigrants. Les parents doivent également s’adapter à un nouveau système éducatif, avec des listes de fournitures scolaires dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas encore et des horaires d’école différents de ceux de leur pays d’origine.
Mercredi matin, la famille Akachar-Alaoui se trouve elle aussi dans les bureaux de l’AIEM. Leur fille de 5 ans, Yakout, se prépare pour sa première rentrée scolaire au Québec. Fadloallah Akachar et Chahrazade Alaoui, récemment admis comme résidents permanents, expriment leur gratitude envers l’organisme qui les aide dans cette nouvelle étape de leur vie. Fadloallah remarque : « C’est une chance qui ne se présente pas à tout le monde. »
Enième formulaire à remplir, défis quotidiens, ils parviennent tout de même à trouver une école de quartier pour leurs enfants, appréciant la légèreté relative des exigences scolaires par rapport à ce qu’ils connaissent. « Ici, on se sent plus entourés qu’au Maroc. Maintenant, on peut déposer nos enfants et sortir ensemble », exprime Chahrazade, reconnaissant le soutien précieux du AIEM durant cette période de transition.