La Coupe du monde de football et les inquiétudes des immigrants aux États-Unis
La Coupe du monde de football, qui débutera le 11 juin, pourrait avoir des répercussions négatives pour les immigrants aux États-Unis, alors que les arrestations liées à l’immigration se multiplient sous l’administration de Donald Trump. Des ressortissants étrangers en situation irrégulière se demandent s’ils pourront assister aux matchs, rapporte TopTribune.
Émile, un chauffeur poids-lourds haïtien de quarante ans, partage ses craintes : « Entonner l’hymne national de mon pays dans un stade et devant le monde entier, c’est un moment historique que personne ne voudrait rater », déclare-t-il à l’AFP. « Mais, en même temps, je réfléchis à deux fois. Je ne voudrais pas être arrêté par l’ICE. Mon avocat m’a déconseillé de prendre l’avion pour ne pas me faire attraper à l’aéroport ».
Les agents de l’ICE, exécutants des politiques anti-immigration, sont responsables des arrestations et expulsions des ressortissants étrangers illégaux condamnés. Cependant, leurs méthodes ont suscité une large indignation, particulièrement après la mort de deux manifestants à Minneapolis en janvier.
L’inquiétude des supporters
Monica Sarmiento, directrice de la Coalition de Virginie pour les droits des immigrés, souligne que « 70 % des personnes arrêtées, détenues et expulsées n’ont aucun casier judiciaire ». Elle souligne que le climat de peur ne se manifeste pas seulement lors de la Coupe du monde, mais au quotidien pour de nombreuses familles. Un rapport de Human Rights Watch a révélé qu’un père de famille a été arrêté par l’ICE alors qu’il assistait avec ses enfants à un match de football dans le New Jersey l’été dernier.
Parmi les 104 matchs prévus, 78 se dérouleront aux États-Unis, coorganisateurs avec le Canada et le Mexique. La population hispanique, représentant 20 % des États-Unis en 2024, se trouve largement dans des États comme la Californie, le Texas et la Floride.
Avec environ 850 000 membres, la communauté haïtienne, en particulier à New York et Miami, est également exposée au risque d’expulsion, à cause de la volonté du gouvernement de mettre fin au statut de protection temporaire qui les protège.
Des risques de « violations graves » des droits
Des associations s’inquiètent quant à la possibilité que l’ICE cible les touristes étrangers durant la compétition, notamment autour des stades. Plus de 120 organisations américaines, dont l’ACLU, ont diffusé un avertissement aux voyageurs concernant les « violations graves de leurs droits », en mentionnant les risques d’arrestation et de traitement dégradant.
Malgré les préoccupations, un porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure a assuré que « les visiteurs internationaux qui viennent légalement aux États-Unis pour la Coupe du monde n’ont aucune raison de s’inquiéter ». La FIFA a également affirmé son engagement à respecter tous les droits humains reconnus au niveau international.