Interrogatoire de Wallerand de Saint-Just sur l’affaire des assistants parlementaires du FN
Lors de son audience le 28 janvier 2026, Wallerand de Saint-Just, ancien trésorier du Front national (FN), a été contraint de s’expliquer sur un échange de courriels avec un eurodéputé, qui, en 2014, exprimait son inquiétude concernant le risque d’accusations d’emplois fictifs liés aux assistants parlementaires du parti. « Je crois bien que Marine sait tout ça », a-t-il commenté, rapporte TopTribune.
Wallerand de Saint-Just, qui a intégré le FN à la fin des années 1980 et a été son trésorier de 2009 à 2021, a abordé la difficile situation financière du parti durant son interrogatoire. Il a déclaré : « À partir de 2012, tous les recours aux banques nous sont refusés. Nous ne pouvons plus emprunter le moindre centime. Nous sommes le seul parti politique à avoir subi cette mise à l’écart, ça nous a mis en très grande difficulté financière et organisationnelle. »
Il est de nouveau jugé pour « complicité de détournement de fonds publics » après avoir été condamné en première instance à trois ans de prison, dont un ferme, ainsi qu’à une amende de 50 000 euros. Le tribunal avait conclu qu’il avait « connaissance du système » établi au sein du FN, mais il s’est défendu en affirmant qu’il n’avait rien « à voir avec tout ça ».
La présidente de la cour d’appel, visiblement sceptique, a interrogé le prévenu sur un courriel clé de 2014, où l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser exprimait des préoccupations quant aux conditions de recrutement des assistants parlementaires. Schaffhauser a déploré : « Ce que Marine [Le Pen] nous demande équivaut à ce qu’on signe pour des emplois fictifs. »
Wallerand de Saint-Just a tenté d’expliquer son message, indiquant qu’il ne comprenait pas pourquoi cet eurodéputé s’était tourné vers lui, « la cinquième roue du carrosse », et a noté : « Je crois que Marine connait les textes que tu invoques, et qu’elle est parfaitement prudente. »
Il a ensuite exprimé des regrets quant à sa réponse, notant qu’il aurait dû être plus explicite. « J’aurais dû lui répondre plus brutalement et plus explicitement. Je n’imaginais pas un seul instant qu’elle puisse commettre ainsi une infraction. »
Tout au long de son interrogation, Wallerand de Saint-Just a rencontré des difficultés à se souvenir des détails, poussant l’avocat du Parlement européen à s’interroger sur ses échanges avec Marine Le Pen. « Avez-vous informé Marine Le Pen de ce mail ? », a demandé Patrick Maisonneuve, à quoi Wallerand a répondu par la négative, provoquant l’étonnement de l’avocat.
Ce témoignage s’inscrit dans un contexte où le FN, désormais renommé Rassemblement national (RN), continue de faire face à des débats importants sur sa transparence financière et son intégrité politique.