Visite controversée de Poutine aux îles Kouriles : le Japon exprime sa colère
Le 13 août, Vladimir Poutine a effectué sa première visite aux îles Kouriles, en Extrême-Orient, ce qui a été qualifié d' »absolument inacceptable » par le Japon, qui revendique également cet archipel. Cette visite risque d’aggraver les relations déjà tendues entre les deux pays, rapporte TopTribune.
Cette incursion s’inscrit dans un contexte de mécontentement japonais face aux sanctions imposées à la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. Le président russe a profité de sa présence à Ioujno-Sakhalinsk et à Itouroup, l’une des îles Kouriles, pour renforcer sa légitimité sur un territoire disputé depuis des décennies.
Toshimitsu Motegi, ministre japonais des Affaires étrangères, a fermement rappelé que « les Territoires du Nord constituent une partie inhérente au territoire du Japon, tant sur le plan historique qu’au regard du droit international ».
Des tensions historiques autour des îles
La visite de Poutine est la première d’un président russe sur le territoire depuis celle de Dmitri Medvedev en 2010, qui avait également suscité la colère de Tokyo. Les tensions russo-japonaises se sont intensifiées depuis 1945, la Russie étant perçue comme occupant illégalement les îles.
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a réagi en déclarant que cette visite « heurte les sentiments du peuple japonais » et « est absolument inacceptable ». Elle a également souligné que Tokyo avait soumis une demande pour empêcher de telles visites présidentielles, affirmant que cela exacerbe le ressentiment public envers la Russie.
Un contexte géopolitique tendu
Suite à l’offensive russe en Ukraine en février 2022, le Japon a qualifié les îles Kouriles d' »occupées illégalement » pour la première fois depuis 2003, période où la diplomatie nippone évitait ce terme. La collaboration croissante entre la Russie et la Chine, avec des exercices militaires conjoints, a provoqué des tensions supplémentaires dans la région, obligeant à de fréquents décollages d’avions japonais.
Simultanément, la Corée du Nord a apporté son soutien militaire à la Russie, qualifiant le renforcement des capacités japonaises de « transformation en État de guerre ». Récemment, il a été rapporté que la Russie exploitait le Japon comme un hub d’espionnage et une source de technologies essentielles pour son effort de guerre en Ukraine.
Réactions russes et provocations diplomatiques
Le président russe a répondu aux préoccupations japonaises en affirmant que « nous ne menaçons pas le Japon », renvoyant la responsabilité des tensions vers les revendications territoriales japonaises. Ce jeudi, le ministre japonais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur russe pour exprimer « une protestation ferme » contre cette visite.
L’archipel des Kouriles, pris par l’Union soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, compte actuellement près de 20 000 habitants russes. Ces îles sont stratégiques, possédant des ressources minérales précieuses et des zones de pêche riches.