Les récentes références du pape Léon XIV aux « racines chrétiennes », à l’« identité » et à l’« héritage » de la France ont suscité des réactions vives parmi les responsables politiques français, en particulier à droite et à l’extrême droite. Lors de sa visite de quatre jours dans le pays, le souverain pontife a également mis l’accent sur des valeurs telles que la diversité, l’ouverture et l’accueil des migrants, rapporte TopTribune.
Au Rassemblement national, l’eurodéputé Matthieu Valet a salué ce message sur X, exprimant sa vision d’une « Renaissance de notre si belle France » en l’accompagnant d’une photo de Marine Le Pen en compagnie d’une religieuse. De son côté, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains, a accueilli les déclarations du pape en louant « cette France qui tient à ses racines, à son identité, à son héritage ». Le président des LR, Bruno Retailleau, a pour sa part réaffirmé l’importance des « racines chrétiennes » du pays. Emmanuel Macron, bien qu’initialement prévu absent, a fini par assister à la messe célébrée à Metz.
Le RN dément toute volonté de « récupération »
Cette interprétation de la visite du pape a provoqué des accusations de récupération politique. Blandine Chelini-Pont, professeure d’histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille, a souligné que « tout le monde a cherché un peu à tirer la couverture à lui », notant que cela a facilité « l’appropriation de la visite par le Rassemblement national », qui utilise les racines chrétiennes de la France dans sa stratégie de communication.
Réagissant, le vice-président du RN, Sébastien Chenu, a rejeté cette analyse, niant toute tentative de « récupération ». Il a défendu la présence de responsables politiques aux célébrations religieuses, arguant que « la laïcité, ce n’est pas l’interdiction d’aller assister à un culte ». Gabriel Attal, présent à la messe à Paris, a observé que les foules présentes dans ces événements témoignaient d’un besoin de « concorde » et de « rassemblement » des Français.
Une réponse de Léon XIV au populisme
Cependant, le discours du pape ne s’est pas limité à l’héritage chrétien. Il a également plaidé en faveur de la diversité et de l’accueil des migrants, affirmant qu’une « juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public ». En réponse à l’interdiction du voile islamique prônée par le RN, Sébastien Chenu a précisé : « Nous, on combat l’islamisme, on ne combat pas une religion. »
Pour Charles Mercier, directeur d’études et historien du catholicisme, ces quatre jours de visite ont été « une manière de répondre au populisme et aux problèmes d’identité rencontrés par une partie des Français ». Selon lui, les organisateurs ont saisi ce besoin d’identité chez certains catholiques tout en tentant de le détourner « du combat civilisationnel » vers une ouverture à la diversité. Cette visite, marquée par des rassemblements à Paris et Lourdes, intervient aussi, selon Mercier, dans un contexte de « réveil catholique chez une partie des jeunes ».