Vienne demande à l’UE de débloquer les actifs de Deripaska
Vienne demande à l’UE de débloquer les actifs de Deripaska

Vienne demande à l’UE de débloquer les actifs de Deripaska

04.10.2025 18:00
2 min de lecture

Le 3 octobre 2025, plusieurs médias occidentaux ont rapporté que l’Autriche a demandé à l’Union européenne d’inclure dans la discussion sur le 19e paquet de sanctions contre la Russie une disposition visant à compenser Raiffeisen Bank International (RBI) pour une amende infligée par Moscou. Selon Vienne, la solution passerait par le dégel d’actions de la société autrichienne Strabag, d’une valeur estimée à 2 milliards d’euros et appartenant à l’oligarque russe Oleg Deripaska, afin de les transférer à la RBI. L’affaire a été évoquée dans le cadre de négociations à Bruxelles et confirmée par des médias comme le Financial Times.

Les enjeux autour de Strabag et Raiffeisen

Les sanctions contre Oleg Deripaska avaient été imposées en raison du soutien matériel de ses entreprises au complexe militaro-industriel russe. Sa participation de 24 % dans Strabag, détenue via la société Rasperia, reste gelée depuis 2022. Des tentatives antérieures pour échanger ces actifs contre des concessions financières au profit de la banque avaient déjà échoué, faute de compatibilité avec la législation européenne sur les sanctions.

RBI est restée l’une des rares grandes banques occidentales encore présentes en Russie après le début de la guerre contre l’Ukraine. Bien que des responsables européens aient insisté pour qu’elle se retire du marché, ses activités ont perduré, Moscou freinant toute tentative de sortie. Le maintien de ses opérations a permis aux Russes de conserver un accès limité au système Swift. Toutefois, un éventuel transfert de ses activités à une entité russe aurait exposé la banque à de nouvelles sanctions occidentales.

Des craintes au sein de l’UE

Plusieurs responsables européens redoutent que l’initiative autrichienne crée un précédent en légitimant des efforts d’oligarques russes pour contourner les sanctions. La mesure pourrait aussi être perçue comme une récompense indirecte pour des actions en justice menées en Russie contre des entreprises occidentales.

De nombreux gouvernements insistent sur le fait que lever des sanctions de manière anticipée affaiblirait la pression internationale sur Moscou. Les avoirs gelés des élites russes constituent un levier central pour compenser les pertes subies par l’Ukraine et pour maintenir une pression politique sur le Kremlin.

Les implications plus larges

Les observateurs soulignent qu’un déblocage sans conditions claires enverrait un signal dangereux aux régimes autoritaires, suggérant qu’une agression militaire peut être suivie d’un retour à la normale sans conséquences durables. Les sanctions actuelles visent non seulement à limiter la capacité de financement de la guerre, mais aussi à accroître les tensions au sein des élites russes.

Enfin, le rôle des oligarques dans le système politique russe reste central. Beaucoup ont bâti leur fortune grâce à la proximité avec le pouvoir et n’ont pas publiquement condamné l’invasion de l’Ukraine. Dans ce contexte, un allègement des sanctions sans gestes concrets de leur part apparaît pour de nombreux responsables européens comme difficilement justifiable.

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