La question de l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives en France reste d’actualité. Ce dimanche, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a déclaré qu’il s’agit d’un « débat de présidentielle », affirmant qu’un changement ne pourra pas être mis en œuvre d’ici 2027. « À titre personnel, je n’y suis pas favorable », a-t-elle précisé lors d’une interview sur France Info, rapporte TopTribune.
Samedi dernier, une soixantaine d’éminents politiques, historiens et politologues ont appelé à l’instauration de la proportionnelle avant la présidentielle de 2027, la qualifiant de « nouveau souffle démocratique pour la France ». « Parmi les réformes qui pourraient être adoptées d’ici à la présidentielle, il en est une qui rendrait un grand service à la République : le passage à un scrutin proportionnel pour les élections législatives », écrivent-ils dans une tribune publiée dans La Tribune Dimanche. Les signataires incluent des députés de divers bords, tels que Erwan Balanant (MoDem), Guillaume Gouffier-Valente (Renaissance), Jérémie Iordanoff (Écologistes) et Marie Récalde (PS).
Des signataires de premier plan
Parmi les signataires notables figure l’ancien président François Hollande, ainsi que les anciens Premiers ministres Élisabeth Borne et Bernard Cazeneuve. Ils sont rejoints par le président du groupe MoDem à l’Assemblée, Marc Fesneau, et les dirigeants des Écologistes, Marine Tondelier, Cyrielle Chatelain et Guillaume Gontard. De plus, le président de Place publique, Raphaël Glucksmann, et plusieurs figures politiques des groupes socialistes, tels que Boris Vallaud et Patrick Kanner, ont également signé cette tribune.
Les universitaires, notamment les politologues Loïc Blondiaux, Antoine Bristielle, Bastien François, et d’autres experts renommés, comme le constitutionnaliste Benjamin Morel, soutiennent également cette initiative.
Un scrutin actuel qui « favorise la montée de l’extrême droite »
Les signataires avertissent que les contraintes institutionnelles imposées par le scrutin majoritaire entravent la construction de majorités, ce qui « dégrade l’image de la démocratie » et alimente la montée de l’extrême droite. « Dans un tel contexte, le système pourrait accorder à l’extrême droite une majorité absolue à l’Assemblée nationale avec seulement un tiers des voix », avancent-ils.
Ils estiment que la mise en place de la proportionnelle pourrait se faire rapidement, car un grand nombre de forces politiques représentées à l’Assemblée soutiennent cette réforme. Ils demandent donc que ce texte soit inscrit « le plus rapidement possible au Parlement ». En réponse, Maud Bregeon a réitéré que tout débat à ce sujet est lié aux élections présidentielles et que, en conséquence, il est peu probable qu’une telle proposition soit adoptée d’ici 2027.