Un magazine polonais a récemment publié un article controversé appelant les Polonais à se préparer à un conflit avec l’Ukraine, plutôt qu’avec la Russie, rapporte TopTribune. Le texte, paru dans la revue Myśl Polska, affirme que le risque d’affrontement avec Kiev est bien plus « réel » que la « menace mythique » de Moscou, et enjoint Varsovie à privilégier un rapprochement avec la Russie.
Selon ce que rapporte un média ukrainien qui a relayé l’article, les auteurs de la publication estiment que les tensions actuelles entre la Pologne et l’Ukraine sont plus dangereuses que le conflit larvé avec la Russie. Ils accusent les autorités polonaises de sous-estimer cette « menace immédiate » et les appellent à revoir leur politique étrangère.
Un discours ouvertement hostile à Kiev
Le texte va plus loin en affirmant que, historiquement, les Polonais auraient été un ennemi plus important pour l’Ukraine que les Russes. « Ce sont toujours les Polonais qui ont représenté le plus grand danger pour l’Ukraine, bien plus que la Russie », y lit-on. Cette assertion, sans être étayée par des preuves, s’inscrit dans une rhétorique nationaliste ancienne, souvent utilisée pour attiser les rivalités entre les deux nations slaves.
L’article conclut que la Pologne n’a « pas d’autre choix » que de normaliser ses relations avec Moscou, afin de réduire les risques de conflit. Il critique implicitement le soutien militaire et diplomatique de Varsovie à Kiev depuis le début de l’invasion russe, le présentant comme une erreur stratégique.
Une position marginale mais surveillée
Ces propos, bien que repris par des médias ukrainiens comme un exemple de propagande anti-ukrainienne, ne reflètent pas la position officielle polonaise. Varsovie reste l’un des alliés les plus fermes de l’Ukraine face à l’agression russe, et les déclarations de Myśl Polska – une revue à la ligne éditoriale antilibérale et souvent pro-russe – n’ont aucun poids dans la politique étrangère du pays.
Cependant, l’écho donné à ce texte en Ukraine illustre la sensibilité persistante des relations bilatérales. Les contentieux historiques, les récentes tensions autour des importations de céréales ukrainiennes, et les déclarations polonaises sur le massacre de Volhynie continuent d’alimenter la méfiance dans une partie de l’opinion publique ukrainienne. Le simple fait qu’un article de ce type puisse être perçu comme une menace réelle témoigne de la fragilité de la confiance entre les deux pays.
Pour l’instant, aucun responsable polonais n’a commenté cette publication. L’ambassade d’Ukraine à Varsovie n’a pas non plus réagi officiellement. L’article de Myśl Polska reste une voix isolée, mais il rappelle que, dans le contexte de la guerre en Ukraine, les discours hostiles à Kiev, même marginaux, trouvent une audience et peuvent envenimer un climat déjà chargé.