Une figurine en argile vieille de 12.000 ans découverte en Israël représente une femme et une oie

Une figurine en argile vieille de 12.000 ans découverte en Israël représente une femme et une oie

20.11.2025 14:16
2 min de lecture
Culture / Sciences

Une pièce sculptée en argile cuite vient d’être découverte sur un site archéologique en Israël, montrant une femme et un oiseau en pleins ébats. Bien plus qu’une représentation grivoise, ce rare vestige révélerait des croyances animistes dans l’Asie du Sud-Ouest.

Temps de lecture: 2 minutes – Repéré sur Live Science

Des archéologues ont récemment mis au jour en Israël une figurine en argile cuite vieille de 12.000 ans, représentant une femme s’accouplant avec… un oiseau. Cette découverte rappelle le mythe grec de Léda et Zeus: «Quand j’ai sorti ce petit bloc d’argile de sa boîte, j’ai immédiatement reconnu une figure humaine, puis l’oiseau allongé sur son dos», a déclaré Laurent Davin, archéologue à l’Université hébraïque de Jérusalem, rapporte TopTribune.

Selon une étude publiée le 17 novembre dans la revue PNAS, cette pièce représente la plus ancienne représentation connue d’une femme en Asie du Sud-Ouest. Par sa complexité, elle témoignerait d’un système de croyances remarquablement élaboré pour l’époque.

Au fil de ses recherches, Laurent Davin a examiné des dizaines de milliers de fragments d’argile provenant de plusieurs sites archéologiques natoufiens. Ce peuple, établi entre 15.000 et 11.500 ans avant notre ère sur les territoires actuels d’Israël, de Palestine, de Jordanie, du Liban et de Syrie, est reconnu pour avoir amorcé l’une des premières sédentarisations de l’histoire, construisant de petites maisons rondes semi-enterrées.

C’est sur le site de Nahal Ein Gev II, à environ deux kilomètres à l’est de la mer de Galilée, que l’équipe a trouvé un minuscule fragment d’argile au modelage étonnamment fin. Retrouvée brisée en trois morceaux, la figurine, haute de seulement 3,7 centimètres, aurait été façonnée dans un même bloc, puis durcie au feu et recouverte d’un pigment minéral rouge.

Rencontre avec une oie géante

Selon les chercheurs, il s’agit de la représentation humaine la plus complète jamais observée dans la culture natoufienne. La pièce, extrêmement rare, pourrait aussi être la plus ancienne évocation au monde d’une interaction pour le moins intime entre un être humain et un animal.

Sur la partie supérieure, un oiseau repose sur le dos d’une femme, ses ailes partiellement déployées semblant l’envelopper. Cette figurine est dotée de détails évoquant le pubis féminin et les seins. L’oiseau serait probablement une oie, les ossements retrouvés sur place montrant que les Natoufiens en faisaient usage à la fois pour se nourrir et pour orner leurs objets.

Une preuve d’animisme?

L’étude avance plusieurs hypothèses: la figurine pourrait représenter un chasseur rapportant un oiseau abattu, mais d’autres y voient une scène mythologique – un jars s’accouplant avec une femme accroupie. Si de telles unions symboliques entre esprits humains et animaux traversent de nombreux mythes à travers le monde, leur représentation demeure inédite à une époque aussi ancienne.

«Ce désir naissant de représenter des figures féminines pourrait traduire l’importance croissante des femmes dans la gestion des pratiques spirituelles de ces communautés», souligne Laurent Davin. Il a en outre identifié une empreinte digitale partielle sur l’objet; sa comparaison avec des empreintes modernes laisse suggérer que la figurine aurait été façonnée par une femme.

Pour les chercheurs, la sculpture avait sans doute une fonction avant tout funéraire. Elle a été découverte dans une zone dédiée aux sépultures, aux côtés d’autres dépôts singuliers: la tombe d’un enfant et une cache de dents humaines. Ces éléments renforcent l’idée que les Natoufiens étaient animistes et qu’ils prêtaient une âme aux êtres naturels et surnaturels.

Ce vestige natoufien éclaire ainsi les débuts de la pensée symbolique: le moment où l’imagination, mise au service des croyances, a commencé à façonner la culture humaine à mesure que les sociétés se sédentarisaient.

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