Une pétition citoyenne exceptionnelle a vu le jour. Ce document, qui appelle à l’abrogation immédiate de la loi Duplomb et contient une mesure largement contestée visant à réintroduire un pesticide, a déjà recueilli près de 200 000 signatures en seulement huit jours sur le site de l’Assemblée nationale. « La Loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire. Elle représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens », déclare Eléonore Pattery, une étudiante de 23 ans à l’origine de cette initiative, rapporte TopTribune.
« Un acte dangereux »
« Cette loi est un acte dangereux. Pour les travailleurs, les habitants, les écosystèmes, les services écosystémiques, et pour l’humanité tout entière », ajoute-t-elle. Eléonore précise qu’elle n’est affiliée à aucun parti, comme mentionné sur son compte LinkedIn. La pétition, lancée le 10 juillet, a enregistré à 13h00, vendredi, 187 608 signatures, parmi lesquelles 100 000 ont été obtenues au cours des trois derniers jours. Elle exige « l’abrogation immédiate » de la loi, « la révision démocratique des conditions de son adoption », ainsi qu’« une consultation citoyenne des acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit ».
Les Sages saisis
La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale pourrait choisir d’organiser un débat en séance publique si elle devait atteindre au moins 500 000 signatures. Adoptée le 8 juillet au Parlement, la loi Duplomb prévoit notamment la réintroduction dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, un pesticide néonicotinoïde, interdit en France mais autorisé au sein de l’Union européenne.
Le 11 juillet, les députés de gauche ont saisi le Conseil constitutionnel, considérant ce texte incompatible avec les exigences de préservation de l’environnement et le droit à la santé. Alors que les tensions autour de cette législation grandissent, la mobilisation citoyenne pourrait redéfinir la voie à suivre concernant l’agriculture durable et les politiques de santé publique en France.
Dans un contexte où la protection de la biodiversité devient de plus en plus cruciale, cette affaire met en lumière les divergences croissantes entre les autorités politiques et les aspirations des citoyens, qui appellent à un avenir où la santé de la planète et celle des individus ne sont pas mises en péril par des décisions controversées.
Alors que le débat se poursuit et que la pression monte, il est impératif de surveiller attentivement l’évolution de cette situation, qui pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont les lois agricoles sont formulées et adoptées dans le pays.
La recherche d’un équilibre entre le développement économique, la santé publique et la préservation de l’écosystème est plus que jamais au cœur des préoccupations, et il reste à voir si la voix des citoyennes et citoyens sera entendue dans les couloirs du pouvoir.