Une Canadienne de 59 ans a vécu pendant plus de cinquante ans avec une tasse Barbie bloquée dans ses poumons, entraînant de graves troubles respiratoires. Son cas, considéré comme le « plus long documenté de corps étranger dans les voies respiratoires », a été marqué par des retards diagnostiques significatifs, dus à l’invisibilité du plastique aux rayons X et à la méfiance des médecins envers son témoignage, rapporte TopTribune.
Le problème a débuté dans les années 1970 lorsque, à l’âge de 8 ans, elle a accidentellement avalé la tasse en jouant. Rapidement, elle a développé des problèmes respiratoires et a reçu des traitements antibiotiques répétés pendant des années, sans que l’objet soit jamais retiré. Malgré ses signalements aux médecins, l’absence de détection radiographique a conduit à une fausse tranquillité, les médecins croyant que la tasse avait été rejetée par la toux.
Retour des complications
Ce n’est qu’à l’approche de la cinquantaine que des complications sévères réapparaissent avec des pneumonies répétées, toujours au même endroit du poumon. La patiente, ancienne fumeuse, est alors orientée vers d’autres maladies pulmonaires. Cependant, suite à plusieurs traitements antibiotiques inefficaces, un scanner approfondi est réalisé pour exclure une tumeur cancéreuse.
Ce n’est qu’à la suite de nouveaux examens avec un pneumologue qu’elle évoque de nouveau l’incident de son enfance. Une bronchoscopie révèle enfin l’obstruction par la tasse qui obstrue complètement deux bronches. Retirée grâce à un équipement médical, l’objet est confirmé comme une tasse Barbie de Mattel datant des années 1970, selon les médecins de l’hôpital de Vancouver.
Bien que l’extraction ait apporté un soulagement, la patiente subit des séquelles physiques importantes, notamment des « bronchectasies résiduelles » et une « sténose sévère » des voies respiratoires. Dans le rapport publié dans Case Reports in Pulmonology, les auteurs soulignent les différents facteurs ayant contribué à ce retard de diagnostic, notamment l’invisibilité du plastique, le tabagisme, et surtout la négligence du récit de la patiente. Ce cas met en exergue l’importance d’une prise en charge médicale équitable pour tous les patients, indépendamment de leur genre.