Le plan d’un milliard d’euros pour les agriculteurs face à la sécheresse
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a dévoilé vendredi un plan d’un milliard d’euros destiné à soutenir les producteurs agricoles gravement affectés par les canicules et la sécheresse estivale. Toutefois, des agriculteurs, tels que Romain Cugnon de l’Oise, expriment leur scepticisme quant à l’efficacité de ces mesures, rapporte TopTribune.
Romain Cugnon, exploitant d’une ferme en polyculture-élevage avec 400 brebis et une production de fruits rouges, a subi des pertes considérables cet été. « Sur les canicules successives de mai à août, j’ai perdu une grande partie de ma récolte de groseilles, passant de 9 tonnes à 5 tonnes », indique-t-il. Son dommage financier est estimé à 40 000 euros, et son élevage a également souffert des conditions climatiques extrêmes.
Le producteur souligne les défis supplémentaires engendrés par la chaleur: « Nous avons déjà utilisé une grande partie de nos stocks de fourrage. Avec les températures montantes, la fécondation de nos brebis est incertaine, et l’échographie programmée de 330 brebis ne nous laissera pas beaucoup d’espoir pour avoir des agneaux à Pâques », poursuit-il.
Alors que la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) évalue les pertes dues à la sécheresse à 10 milliards d’euros au niveau national, l’aide gouvernementale semble largement insuffisante. La ministre annonce un soutien d’un milliard d’euros, mais Cugnon ne cache pas sa frustration: « Nous avons reçu des promesses depuis le mois de mai, mais rien ne se concrétise ».
« Cela fait quatre mois qu’on remplit des papiers et puis il n’y a toujours rien qui vient », déclare Romain Cugnon.
Pour la ministre, ce milliard semble être une somme conséquente, pourtant, Cugnon nuance: « Divisé par le nombre d’exploitations en France, cela ne va pas réellement changer grand-chose. Il y a depuis longtemps une défiance croissante envers les annonces politiques, et les agriculteurs doutent de quant à leur impact réel ».
En outre, Cugnon ne voit pas ces annonces comme une solution viable pour permettre aux agriculteurs de « passer l’hiver », comme l’a suggéré le Premier ministre. La crise actuelle met en lumière les défis persistants du secteur agricole et la nécessité d’un soutien solide et rapide pour faire face à ces conditions climatiques extrêmes.