Le Sénat français a publié un rapport alarmant le 25 juin 2025, soulignant que le manque de psychiatres limite l’accès de nombreux patients à des soins spécialisés, ce qui soulève des inquiétudes pour la prise en charge des troubles psychiques, rapporte TopTribune.
Dans ce contexte, l’application Emobot émerge comme une solution potentielle pour le suivi des patients souffrant de dépression et de troubles bipolaires. Bien qu’elle ne résolve pas le problème fondamental de l’accès aux soins, Emobot pourrait permettre de prévenir les rechutes, d’adapter les traitements et d’optimiser le temps des praticiens.
Certifiée CE Médical, cette application évalue en temps réel l’état émotionnel des utilisateurs grâce à une analyse des expressions faciales et de la voix sur des appareils mobiles ou informatiques. Une intelligence artificielle (IA) traite ces données pour détecter des biomarqueurs émotionnels, comme l’intensité des émotions.
Le patient également impliqué
Les données recueillies par l’IA fournissent un tableau de bord qui aide les psychiatres à visualiser l’évolution des symptômes et à identifier des tendances. « Ce type de technologie permet d’objectiver ce qui était jusqu’ici évalué subjectivement. Cela pourrait changer la façon dont nous monitorons les troubles de l’humeur au quotidien », a commenté le Pr Goes, de l’université Johns Hopkins. En cas de situation critique, le professionnel de santé est alerté et peut consulter les données pour une réaction rapide.
L’application permet également aux patients de prendre part activement à leur soin. Emobot rend tangibles les changements dans leur état émotionnel et peut envoyer des alertes, invitant le patient à demander un rendez-vous à son médecin.
Suivre l’humeur des patients de façon passive
« Nous concevons Emobot comme un compagnon discret de soin. Il n’a pas vocation à remplacer le professionnel de santé, mais à l’éclairer. Il lui procure une mesure objective de l’humeur de son patient afin de mieux l’accompagner. Grâce à notre solution, le patient n’est plus seul face à ses symptômes, il peut enfin montrer à son médecin ce qu’il vit réellement au quotidien », a expliqué Tanel Petelot, cofondateur et CEO d’Emobot.
En France, des établissements renommés comme le GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences participent à cette initiative. L’hôpital vise à comprendre, à travers ce partenariat, les fluctuations humeur associées aux troubles psychiques et la réponse aux traitements.
Le site du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences précise que « EMOBOT propose une évaluation continue et objective de l’humeur et des états émotionnels des patients. Ces biomarqueurs digitaux permettent de capturer et suivre l’humeur des patients de façon passive, de détecter des signes précoces de rechute et de suivre en temps réel l’évolution des symptômes. Cette approche constitue une alternative aux méthodes traditionnelles d’évaluation clinique ». Actuellement, une cinquantaine de psychiatres en France auraient intégré Emobot dans leur pratique.