Le gouvernement dirigé par Lecornu envisage de réduire le taux de remboursement par l’assurance maladie pour les cures thermales, suscitant ainsi de vives réactions parmi la population française. La proposition consiste à réduire ce taux de 65 % à 15 %, une initiative qui pourrait perturber l’économie, notamment dans les régions où le thermalisme est essentiel. Le projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2026, actuellement débattu à l’Assemblée nationale, a pour objectif de réaliser une économie de 200 millions d’euros dans le cadre des économies publiques, rapporte TopTribune.
L’impact sur l’Occitanie
Dans ce contexte, l’Occitanie, qui est la première région thermale en France, est particulièrement concernée. En 2024, cette région a vu affluer 149 000 curistes conventionnés, représentant 32 % de la fréquentation nationale. Cette activité thermale joue un rôle économique crucial, générant 2,7 millions de nuitées et soutenant environ 7 000 emplois, principalement en milieu rural ou en zone montagneuse. La présidente de la région, Carole Delga, manifeste des inquiétudes palpables concernant les répercussions économiques de cette mesure et a adressé une lettre au Premier ministre pour solliciter l’annulation de cette proposition.
À Lamalou-les-Bains, par exemple, les 12 000 curistes accueillis annuellement assurent le maintien de près de 150 emplois. Le modèle économique de cette localité repose sur un effet multiplicateur : chaque euro dépensé pour une cure génère entre trois et quatre euros en impact économique pour la ville. Des établissements comme celui de Saint-Amand-les-Eaux, ayant reçu plus de 8 000 curistes l’année précédente, craignent une chute significative des réservations si cette réforme est mise en œuvre.
Opinions divergentes face à la mesure
Les avis sur ce sujet divergent rapidement. Didier Calas, directeur des Thermes de Balaruc-les-Bains, juge que cette mesure est dénuée de sens tant sur le plan médical qu’économique. Dans les colonnes de Midi Libre, il a affirmé que « cette décision priverait les patients des bienfaits d’une médecine douce ». Par ailleurs, le Conseil national des établissements thermaux (CNETh) anticipe que jusqu’à 80 % du secteur pourrait disparaître, entraînant une perte financière estimée entre 3 et 3,5 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires actuel de 4,8 milliards.
Florence Brutus, responsable du tourisme et du thermalisme au sein du conseil régional d’Occitanie, souligne l’importance des stations thermales pour l’économie locale. Bien que l’Assemblée nationale ait récemment rejeté un amendement visant à encore davantage réduire cette diminution du remboursement, l’inquiétude demeure chez les professionnels du secteur.
Arguments pour et contre
Les partisans du maintien des remboursements avancent que les cures thermales contribuent à diminuer le reste à charge pour des médicaments et des consultations médicales. Un curiste souffrant d’arthrose a déclaré : « Les soins que j’ai reçus coûtent 600 € par cure, mais je ne prends plus d’anti-inflammatoires et n’ai plus besoin de kinésithérapeutes ni d’ostéopathes. » Plusieurs témoignages font état d’une amélioration significative de problèmes articulaires sans avoir besoin d’une consommation accrue de médicaments.
À l’opposé, certains médecins, dont Élodie Lamarthe, perçoivent ces cures comme un luxe plutôt que comme une nécessité médicale : « Même si prendre du temps pour soi est bénéfique, est-il juste que la société finance ce qui relève davantage du bien-être ? »