Tensions croissantes à 48 heures du vote sur le budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée nationale

Tensions croissantes à 48 heures du vote sur le budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale

07.12.2025 19:56
2 min de lecture

Crise politique en approche : le budget de la Sécurité sociale sous haute tension à l’Assemblée nationale

A 48 heures du vote crucial à l’Assemblée nationale sur le budget de la Sécurité sociale, la tension monte : Bruno Retailleau a dénoncé, dimanche 7 décembre, « un hold-up fiscal » et a appelé Les Républicains à ne pas voter pour, tandis que le RN exhorte le Premier ministre à démissionner en cas de rejet du texte. Des ministres et anciens ministres ont également critiqué les concessions faites aux socialistes. De quoi mettre encore un peu plus la pression sur Sébastien Lecornu, rapporte TopTribune.

Vendredi, le volet « recettes » du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) a été adopté grâce à plusieurs compromis, tels que la CSG ou l’abandon de l’augmentation des franchises médicales, mais également grâce aux nombreux absents dans l’hémicycle, notamment dans les rangs du Rassemblement national. L’adoption, mardi, de la partie consacrée aux dépenses, avec la suspension de l’emblématique réforme des retraites, semble plus incertaine en raison des divisions qui persistent au sein de la fragile coalition gouvernementale.

Deux mois après son départ fracassant du gouvernement, le patron des Républicains a qualifié le budget de la Sécu de « hold-up fiscal » en raison de l’augmentation de la CSG, de « hold-up social » sur les retraites et de « hold-up démocratique ». Selon lui, « jamais le pays n’a été autant à droite et jamais un gouvernement, une politique n’a été autant à gauche ». « Ce texte n’est pas votable », a-t-il affirmé, avant d’indiquer que ses députés auraient « le choix de l’abstention ou de voter contre ».

Bruno Retailleau se retrouve ainsi sur la même ligne que l’ex-Premier ministre Edouard Philippe. Le maire du Havre, candidat déclaré pour 2027, a jeté un pavé dans la mare en annonçant qu' »en l’état », le groupe Horizons ne voterait pas ce budget. Ses troupes se sont largement abstenues vendredi sur la partie « recettes ».

Cela pourrait potentiellement faire capoter l’adoption du PLFSS malgré les nombreuses concessions faites au PS. Sébastien Lecornu « s’est mis dans les mains des socialistes » avec les retraites et le renoncement à l’article 49.3, a dénoncé Bruno Retailleau. Il préconise un retour de cet outil constitutionnel, permettant d’adopter un projet de loi sans vote. L’ancien ministre Marc Ferracci, proche d’Emmanuel Macron, a estimé sur France 3 que le gouvernement a « trop cédé » au PS, affirmant que la suspension de la réforme des retraites était « un déni de réalité ». Le résultat de mardi s’annonce donc risqué pour le gouvernement.

Le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a averti qu’ils seraient cette fois « parfaitement nombreux et totalement présents » pour voter contre l’ensemble du projet de loi, mettant ainsi la pression sur Sébastien Lecornu : en cas de rejet, « je ne vois pas comment il ne pourrait pas démissionner ».

Cette réaction survient après les déclarations de la porte-parole du gouvernement, qui a affirmé dans La Tribune Dimanche qu’une démission « n’aurait pas de sens ». Si le Premier ministre ne parvient pas à obtenir le soutien nécessaire, il pourrait être contraint d’engager la responsabilité de son gouvernement en recourant au 49.3, option qu’il refuse toujours d’envisager. Pour l’exécutif, l’heure est grave. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a mis en garde sur France 3 contre une « crise politique », « économique » et « sociale » en cas de rejet du PLFSS. S’il n’est pas adopté, le gouvernement a maintes fois averti que le déficit de la Sécu pourrait atteindre 30 milliards d’euros en 2026, contre 23 en 2025. Par ailleurs, le projet de budget de l’Etat, encore plus clivant, est toujours en cours d’examen au Sénat.

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