Une nouvelle ère politique pour le Japon après la victoire de Takaichi
Après une victoire électorale sans précédent, Sanae Takaichi devient la première femme à diriger le Japon, cherchant à réviser la constitution pacifiste du pays et à renforcer son armée. Favorable à un gouvernement actif et à des dépenses publiques pour stimuler la croissance, Takaichi, une conservatrice avérée, adopte une position ferme sur le contrôle de l’immigration. La nouvelle premier ministre a mené son parti à remporter 316 des 465 sièges à la chambre basse du parlement japonais, le total le plus élevé depuis la création de son parti en 1955, rapporte TopTribune.
Le Japon fait face à un profond sentiment de stagnation, conséquence de décennies de déflation, de stagnation des salaires et d’un déclin démographique. Takaichi a su séduire les électeurs avec un message d’espoir et une vision d’avenir prometteuse, consolidant ainsi son mandat pour mettre en œuvre une vaste réforme économique et sécuritaire.
Élue présidente du Parti libéral-démocrate (PLD) et premier ministre en octobre 2025, Takaichi bénéficie d’une popularité croissante, avec des taux d’approbation atteignant 70 %. Malgré seulement trois mois en fonction, elle a rapidement multiplié les activités pour établir son image dynamique.
Les hausses des prix des denrées alimentaires et de l’énergie ont amplifié les difficultés économiques des ménages japonais. En réponse, Takaichi a proposé des aides financières aux familles, des subventions pour les factures d’énergie et a réduit les taxes sur l’essence. Sa stratégie vise à atténuer l’inquiétude des électeurs face à l’inflation croissante.
La décision de convoquer rapidement des élections a pris de court l’opposition. Ce scrutin se présente comme un référendum sur les capacités décisionnelles de Takaichi, proposant aux électeurs la question de confiance envers leur premier ministre ou ses adversaires.
Le Parti de l’Alliance de Réforme Centristes, principal parti d’opposition, a subi une défaite écrasante. La popularité de Takaichi a permis à plus de 90 % des candidats du PLD de conserver leurs sièges, malgré un passé chargé pour certains. Sa capacité à adopter les politiques de ses adversaires sur l’immigration et la fiscalité a renforcé son ascendant politique.
Sur le plan économique, Takaichi a débuté son mandat avec une version modifiée des « Abenomics », s’appuyant sur des dépenses gouvernementales financées par la dette. Pourtant, les experts financiers demeurent sceptiques quant à cette stratégie, alors que le Japon lutte contre des niveaux d’endettement records.
Takaichi a pour ambition de renforcer les capacités militaires du Japon, s’inscrivant dans une lignée de leaders japonais désireux de redonner au pays une position stratégique face à la Chine. Bien que cela fasse partie de son agenda, toute révision constitutionnelle exigera un large soutien parlementaire.
En parallèle, elle doit naviguer avec prudence entre les pressions internes sur l’immigration et le développement économique, tout en considérant les implications diplomatiques de ses gestes politiques, comme une éventuelle visite au sanctuaire Yasukuni, symbole controversé au Japon.
Face à la complexité des relations régionales, Takaichi est consciente que résoudre les griefs historiques et les revendications territoriales pourrait être une tâche herculéenne durant son mandat.