Suppression de deux jours fériés : François Bayrou adopte-t-il une stratégie pour contourner la censure ?

Suppression de deux jours fériés : François Bayrou adopte-t-il une stratégie pour contourner la censure ?

11.08.2025 19:24
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Le Premier ministre se trouve confronté à de nombreuses menaces de censure à l’approche de la rentrée, en particulier concernant le budget de 2026. La proposition de supprimer deux jours fériés ne suscite pas l’unanimité, même au sein de son gouvernement. Cependant, certains estiment que cette annonce pourrait en fin de compte lui donner l’opportunité de fracturer ses opposants, rapporte TopTribune.

Réactions aux propositions budgétaires

Les acteurs sociaux ont exprimé une forte opposition à la suppression de deux jours fériés, initiative avancée par François Bayrou dans le cadre du budget 2026. Dans une lettre adressée aux partenaires, le Premier ministre a esquissé sa feuille de route à ce sujet. Le gouvernement espère réaliser un gain de 4,2 milliards d’euros grâce à cette réforme dès l’année prochaine.

Le président de l’U2P (Union des entreprises de proximité) a qualifié cette mesure de « non acceptable et même dangereuse ». Au sein même du cabinet, l’acceptation de cette proposition n’est pas garantie. Certains ministres, tels que Philippe Baptiste, en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, soutiennent fermement François Bayrou. « Je suis bien plus que solidaire », a-t-il déclaré, louant « le courage du Premier ministre de parler franchement aux Français ».

Philippe Baptiste adhère à la nécessité d’un discours alarmant sur la situation financière du pays. Il a souligné que la France se trouve en situation de surendettement, avec une dette atteignant 3 300 milliards d’euros, ce qui se traduirait par une charge de 45 000 euros pour chaque citoyen. « La dette française augmente de 5 000 euros par seconde », insistait Bayrou, ajoutant que la suppression des jours fériés pourrait générer 4,2 milliards d’euros supplémentaires pour les finances publiques en un an.

Opositions politiques et jeux de pouvoir

Le mois dernier, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, avait averti que « aucun député RN n’acceptera cette mesure, qui est une provocation ». Face à la menace de censure, certains membres du gouvernement envisagent avec scepticisme la démarche de François Bayrou, la qualifiant de « coup de bluff ». Un conseiller d’un ministre clé a fait remarquer : « Cela ressemble à un leurre, une manœuvre pour faire des concessions stratégiques au moment opportun. » Autrement dit, l’idée serait de faire une concession qui suffirait à apaiser le Rassemblement national et éviter la censure.

Actuellement, tous les partis d’opposition s’apprêtent à renverser le gouvernement en raison des enjeux budgétaires. Il est donc crucial de trouver un moyen de diviser ces forces d’opposition. Un proche du Premier ministre a reconnu : « Tout cela pourrait effectivement se transformer en une monnaie d’échange. »

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