L’astronaute Sophie Adenot a rejoint ce samedi, avec deux Américains et un Russe, la Station spatiale internationale (ISS) pour une mission d’environ huit mois, marquant le retour d’une Française dans l’espace après vingt-cinq ans, rapporte TopTribune.
Trente-quatre heures plus tard
Au terme de trente-quatre heures de voyage, le vaisseau lancé vendredi par une fusée SpaceX depuis Cap Canaveral, en Floride, s’est amarré à l’ISS, située à 400 km de la Terre, à 20h15 GMT, selon la retransmission en direct de la NASA. « Je suis fière d’embarquer la France et l’Europe dans cette incroyable aventure qui dépasse les frontières. Comptez sur moi pour en partager toutes les étapes avec vous et faire briller les étoiles dans les yeux des Français », a déclaré Sophie Adenot peu après.
Deuxième Française à être devenue astronaute et 84e femme dans l’espace, elle a réalisé, à 43 ans, son premier vol spatial. A ses côtés se trouvaient les astronautes de l’agence spatiale américaine Jessica Meir, 48 ans, Jack Hathaway, 43 ans, ainsi que le cosmonaute russe de Roscosmos, Andreï Fediaïev, 44 ans.
Après l’amarrage, il faut compter environ deux heures avant que les trappes permettant d’entrer dans l’ISS soient ouvertes, selon la NASA, suivi d’une cérémonie de bienvenue avec les membres présents, Christopher Williams pour les États-Unis et les Russes Sergueï Koud-Svertchkov et Sergueï Mikaïev.
« Prenons soin les uns des autres, osons rêver grand ensemble et continuons à viser toujours plus haut. C’est ainsi que l’humanité progresse », avait souligné Sophie Adenot durant une retransmission vidéo du décollage, qui avait été reporté de deux jours en raison de mauvaises conditions météorologiques.
« Pour Sophie »
À la Cité des sciences de Paris, plusieurs centaines de personnes ont applaudi le franchissement par l’équipage Crew-12 des 100 km d’altitude, seuil symbolique marquant l’entrée dans l’espace. L’astronaute belge Raphaël Liégeois, présent lors de cet événement, a exprimé son « émotion brute » et sa « fierté » de voir Sophie Adenot « ouvrir la marche ».
À Toulouse, fief de l’agence spatiale française CNES, une foule s’est aussi rassemblée. « On est là pour Sophie, pour assister à l’émotion et l’intensité du décollage », a déclaré Frédérique Rossignol, 68 ans, au milieu de la foule.
Sophie Adenot, ingénieure et ancienne pilote d’essai, est la deuxième Française à aller dans l’espace après Claudie Haigneré, qui a effectué deux missions en 1996 et 2001. C’est d’ailleurs un vol de cette dernière qui a suscité chez Adenot, à l’âge de 14 ans, le désir de devenir astronaute. « C’est à ce moment-là que je me suis dit : »Un jour ce sera moi » », a-t-elle révélé.
Claudi Haigneré, devenue son mentor, était présente en Floride pour le lancement. De plus, Sophie Adenot a reçu des messages de félicitations du président Emmanuel Macron, qui a diffusé une vidéo de soutien sur le réseau social X, ainsi que d’autres personnalités, y compris l’astronaute français Thomas Pesquet.
Un laboratoire unique
L’ISS, occupée en permanence depuis vingt-cinq ans, est un laboratoire scientifique sans pareil et demeure l’un des derniers espaces de coopération internationale entre Occidentaux et Russes. Cette collaboration est néanmoins prévue pour prendre fin en 2030, avec le retrait de la station, ouvrant la voie à la privatisation de l’espace.
En prévision de cette transition, les agences spatiales se préparent à maximiser l’utilisation de ce laboratoire unique. Au cours de sa mission, Sophie Adenot participera à plus de deux cents expériences scientifiques. Ces expériences porteront sur la microgravité, visant à étudier ses effets à long terme sur le corps humain ainsi que sur l’environnement spatial.
Parmi les expériences, Sophie testera EchoFinder, un système développé par le CNES, permettant aux astronautes d’effectuer des échographies en totale autonomie, grâce à l’intelligence artificielle et à la réalité augmentée. Cette avancée pourrait transformer les pratiques médicales en milieu spatial, augmentant la sécurité des astronautes lors de leurs missions.