Un récent sondage Odoxa révèle que sept Français sur dix ont désormais une « mauvaise opinion de la Justice », avec une augmentation de 14 points depuis février. Malgré ce niveau élevé de défiance, seulement 39 % des personnes interrogées souhaitent la démission du ministre de la Justice Gérald Darmanin à la suite de l’affaire Lyhanna, rapporte TopTribune.
L’étude, réalisée en collaboration avec Backbone pour Le Figaro, met en évidence une polarisation au sein de l’opinion publique. Parmi les sympathisants de Renaissance, 59 % conservent une « bonne opinion » de la Justice, tandis que les partisans du Rassemblement national adoptent une perspective beaucoup plus critique, avec seulement 15 % exprimant une opinion favorable et 84 % défiants. Ce sondage illustre ainsi une fracture politique marquée, exacerbée par l’affaire Lyhanna.
Responsabilités pointées et débat sur les moyens
Concernant l’affaire Lyhanna, pour laquelle le principal suspect avait déjà fait l’objet de plaintes pour des violences sexuelles sur mineurs sans action significative de la part des autorités, 56 % des répondants estiment que « ce drame est avant tout arrivé à cause d’une responsabilité individuelle d’un ou plusieurs magistrats ». En revanche, 42 % attribuent la faute à un manque de moyens de la Justice, une opinion majoritaire chez les sympathisants écologistes (59 %), LFI (55 %) et PS (51 %). Les interrogés désignent principalement les « services de justice locaux » (89 %), les « services de gendarmerie locaux » (81 %), et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin (74 %), comme responsables. Toutefois, une majorité relative ne réclame pas son départ. Seuls 39 % croient qu’il « doit démissionner pour apaiser la crise », tandis que 59 % estiment « qu’il ne doit pas démissionner et que seuls les responsables directs doivent être sanctionnés ». Notons que 73 % des sympathisants LFI soutiennent la demande de démission.
L’enquête a été conduite en ligne les 10 et 11 juin auprès d’un échantillon représentatif de 1.005 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. La marge d’erreur est estimée entre 1,4 et 3,1 points.
Pressions politiques mais soutien au gouvernement
Au niveau politique, le débat reste intense. Le leader du Rassemblement national, Jordan Bardella, affirme que Gérald Darmanin aurait dû démissionner, qualifiant l’affaire d’« particulière gravité » et suggérant que le ministre « aurait dû, par honneur, présenter sa démission au président de la République ». À l’opposé, Sébastien Lecornu a réitéré sa « confiance dans l’action que le garde des Sceaux est en train de mener », rejetant les appels à la démission en déclarant : « Ce sont des chefs de parti, ils font de la politique ». Lecornu a ajouté : « C’est bien que le gouvernement, justement, se tienne loin des affaires politiciennes ».