
Un téléphone laissé dans une poche n’est pas forcément inactif. La sauvegarde de photos, la réception de courriels, la mise à jour des applications : à l’étranger, ces actions discrètes peuvent entraîner des coûts. Un paramétrage simple de votre smartphone peut vous aider à maîtriser ces dépenses avant votre départ, rapporte TopTribune.
Smartphone : comment éviter les consommations cachées
Le smartphone ne nécessite pas toujours une action de l’utilisateur pour se connecter à Internet. Par exemple, une application de messagerie peut vérifier l’arrivée de nouveaux courriels, tandis qu’une application météo peut se mettre à jour automatiquement. Ces échanges passent souvent inaperçus en France, où ils sont intégrés dans le forfait, mais à l’étranger, ils peuvent être traités par un opérateur local, un processus connu sous le nom d’itinérance.
La manière la plus efficace d’éviter des frais imprévus est de d désactiver les données d’itinérance dans les paramètres de votre téléphone. Sur un iPhone, vous trouverez cette option dans les réglages des données cellulaires. Sur Android, l’emplacement peut varier en fonction du fabricant, mais il est généralement situé dans les paramètres de réseau ou de carte SIM.
Cette action ne désactive pas votre appareil. Les connexions Wi-Fi restent opérationnelles, et les documents préalablement téléchargés restent accessibles. L’objectif principal est d’empêcher les applications d’utiliser sans autorisation un réseau mobile étranger.
Par exemple, Orange recommande de désactiver les données mobiles lorsque la destination choisie n’est pas couverte par votre forfait ou par un pass voyage. Ils encouragent également les utilisateurs à vérifier leur destination via leur application afin de connaître les services inclus avant le départ.
Chaque carte SIM installée dans le téléphone doit faire l’objet d’une vérification de ces paramètres. Pour un appareil utilisant deux cartes SIM, il est crucial de s’assurer que la ligne sélectionnée pour les données mobiles est la bonne.
Les spécificités géographiques des forfaits mobiles
Le risque de frais additionnels en dehors du forfait dépend principalement du pays visité. Dans l’Espace économique européen, les abonnés bénéficient généralement de l’itinérance à des conditions semblables à celles appliquées à leur forfait national : les appels, les SMS et les données mobiles sont décomptés de leurs services français, en respectant les limites fixées par leur contrat.
Cette zone englobe les pays de l’Union européenne, ainsi que l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège. Toutefois, le simple fait qu’un pays soit situé en Europe ne garantit pas l’application de ces règles.
La Suisse, par exemple, ne fait pas partie de l’Espace économique européen et bien qu’elle puisse être incluse dans certains forfaits français, cela dépend des décisions commerciales de chaque opérateur. Le Royaume-Uni, Andorre et Monaco présentent des conditions variables selon les offres.
Hors de l’Espace économique européen, les opérateurs ont la liberté de fixer leurs tarifs d’itinérance internationale, rappelle l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, l’Arcep.
Comme le souligne le site Service-Public, « Vous ne bénéficiez pas de l’itinérance aux tarifs nationaux » lorsque vous utilisez votre téléphone en dehors de l’Espace économique européen. Il est donc essentiel de se renseigner sur les prix appliqués par son opérateur.
Un voyageur se rendant au Maroc, en Tunisie, au Canada, aux États-Unis ou en Turquie ne devrait pas s’attendre à ce que son abonnement français fonctionne sans coûts supplémentaires. Il doit examiner individuellement le tarif pour les appels émis, les appels reçus, les SMS et la consommation de données mobiles.
Le plafond de 60 euros : une sécurité relative
Les abonnés disposent d’un mécanisme visant à protéger leur consommation d’Internet mobile. Les opérateurs doivent suspendre l’accès aux données d’itinérance une fois le plafond déterminé atteint. En règle générale, ce seuil est fixé à 60 euros dans le monde entier, sauf si un montant différent a été convenu entre l’opérateur et le client.
L’Arcep précise que « l’opérateur doit bloquer l’Internet mobile en cas d’atteinte d’un plafond ». Cela vise à prévenir des facturations excessives dues à une connexion prolongée ou à un téléchargement massif à l’étranger.
Cependant, cette sécurité ne garantit pas une utilisation gratuite. Une facture peut se retrouver majorée de 60 euros avant même que la connexion soit interrompue. L’abonné peut également choisir de réactiver son accès ou d’avoir défini un autre seuil.
Chez Orange, par exemple, une première alerte est envoyée une fois que l’abonnement atteint 48 euros de hors forfait pour l’Internet mobile. Lorsque 60 euros sont atteints, l’accès est bloqué, laissant le choix à l’utilisateur de souscrire un pass additionnel ou de poursuivre avec les tarifs en vigueur à son emplacement.
SFR, de son côté, précise que son option « Alerting Monde Internet avec blocage » est activée par défaut, avertissant l’abonné en temps réel et bloquant l’accès aux données à partir de certains seuils, notamment à 60 euros et 120 euros. L’accès peut être restauré en accédant au SMS que SFR envoie.
Ces mesures visent principalement à limiter la consommation d’Internet mobile. Elles ne couvrent pas nécessairement les appels internationaux, les numéros spéciaux, les SMS surtaxés ou les achats de contenus facturés directement sur la ligne.
Une double protection pour les abonnés
La configuration du smartphone constitue une première ligne de défense. Une seconde sécurité peut être activée directement dans l’espace client de l’opérateur.
Selon le type de contrat, l’abonné peut restreindre les achats multimédias, les paiements par SMS, les appels vers des numéros spéciaux ainsi que certaines communications internationales. Par exemple, Orange permet de gérer plusieurs de ces options dans une section dédiée à la maîtrise des usages.
Ces paramètres doivent être vérifiés avant de partir en vacances, car leur désignation et leur portée peuvent varier d’un opérateur à l’autre. Un « blocage du hors forfait » ne signifie pas forcément que toutes les communications payantes seront interdites.
Il est également crucial de différencier le contrôle des usages d’un forfait bloqué, qui est conçu dès le départ pour interdire certains dépassements. Le premier ajoute des restrictions aux services existants.
Avant de voyager, il est donc conseillé d’effectuer trois vérifications : consulter les pays couverts par votre forfait, examiner la limite des données utilisables à destination et désactiver l’itinérance jusqu’à ce que cela s’avère nécessaire.
Enfin, télécharger les cartes de navigation, les billets, les réservations ainsi que les contenus de divertissement avant le départ peut significativement réduire les besoins de connexions au réseau. Limiter les sauvegardes automatiques de photos et les mises à jour au Wi-Fi constitue également une bonne pratique.