À Figeac, dans le Lot, la sécheresse sans précédent de l’été 2026 menace l’approvisionnement en eau potable, le Célé atteignant un niveau critique sous les 500 L/s. La municipalité, en collaboration avec l’État, prépare des mesures d’urgence, dont l’acheminement d’eau par camions, pour éviter une crise majeure. Des appels à la sobriété sont lancés à tous les usagers, particuliers, entreprises et agriculteurs. La mairie souhaite revoir ses aménagements en ville et favoriser la végétalisation et l’installation de points d’eau, rapporte TopTribune.
Un débit de crise observé à la loupe
Chaque lundi, une réunion de crise réunit la municipalité de Figeac, les services de la préfecture du Lot, la Direction départementale des territoires et l’Agence régionale de santé. Un suivi des derniers relevés est réalisé et les prévisions sont évoquées pour mesurer la gravité de l’étiage de plus en plus préoccupant. L’adjoint au maire en charge de l’eau, Mathieu Arjeau, met l’accent sur une surveillance au jour le jour. « Depuis un mois, les services de la mairie en lien avec les services de l’État travaillent ensemble pour préparer une éventuelle crise de l’eau », indique l’élu. Dès le mois de juillet, un seuil d’action a été mis en œuvre en raison d’un débit du Célé inférieur au débit de crise fixé à 630 l/s. Actuellement, le niveau de la rivière se situe autour de 500 l/s. « On est déjà sur un régime dérogatoire pour pouvoir puiser l’eau dans le Célé », avertit l’élu figeacois.
Un petit répit tombé du ciel grâce aux orages
Une remontée temporaire du niveau du Célé est « par chance » survenue grâce aux orages qui ont frappé ces derniers jours. Un répit de trois à quatre jours est apporté par les précipitations tombées en amont de Figeac, dans le Cantal. Mais cette amélioration reste ponctuelle et ne suffit pas à changer la tendance générale. Les prévisions ne sont d’ailleurs pas réjouissantes. La pluie n’est pour l’heure pas prévue avant le début du mois de septembre. Mathieu Arjeau redoute les prochaines semaines. « On a pris la décision de faire installer une règle limnimétrique à la passe à poissons pour une mesure plus précise du niveau de l’eau. On a une échelle de jaugeage qui nous permet de dire que juste avant l’orage on était à 450 l/s ». L’élu, sollicité notamment par le collectif des Figeacois Vigilants sur les travaux en cours au Surgié, tient à préciser qu' »en aucun cas, le plan d’eau du Surgié n’était une réserve d’eau pour le pompage ».
La ville prête à faire venir de l’eau par camions
Pour parvenir à approvisionner l’eau au robinet, la ville a envisagé plusieurs scénarios. « On est au premier seuil de crise avec les restrictions en vigueur et un appel à la responsabilité de chacun. Le deuxième seuil sera la mise en place de citernage en faisant venir de l’eau par camions, faute de pouvoir la puiser dans le Célé. Il sera déclenché en accord avec la préfecture du Lot. Un troisième prévoit d’aller jusqu’à la distribution de bouteilles d’eau aux habitants », explique l’adjoint au maire. Le citernage, du jamais vu à Figeac, pourrait intervenir d’ici la fin du mois d’août. « On le vit pour la première fois ici mais cela se produit déjà ailleurs dans l’Aveyron et une partie du Cantal. Tout est prêt. Nous avons passé les marchés auprès de trois entreprises pour que le dispositif soit opérationnel. Une journée de citernage va coûter entre 15 et 20 000 € par jour à la ville de Figeac. On veut être dans l’anticipation », précise l’élu figeacois. Autre satisfaction pour la nouvelle équipe municipale : « la solidarité » observée à l’échelle du territoire. Des conventions avec les communes susceptibles d’approvisionner Figeac sont en cours de préparation, notamment avec Decazeville.
Un appel à la sobriété et de nouvelles priorités
Entreprises, agriculteurs et particuliers, la ville insiste sur la responsabilité de l’ensemble des usagers pour préserver au maximum la ressource. Un courrier a notamment été envoyé aux industriels afin qu’ils mettent en place des solutions pour limiter leur consommation d’eau. La collectivité elle-même a strictement réduit les arrosages de ses terrains de sport et autres espaces verts. « La ville veut être par exemple précurseur dans la réutilisation de l’eau provenant de la station d’épuration. Elle pourrait servir pour l’arrosage public et aussi en cas de défense incendie ou encore pour l’hydrocurage des réseaux qui nécessitent 2 000 m3 tous les ans. On veut voir aussi comment la mairie peut accompagner les gens pour avoir un récupérateur d’eau ou faire installer une citerne ». La revégétalisation de la ville devient une priorité tout comme l’installation de fontaines, de brumisateurs ou encore d’ombrières en ville. Sans oublier le grand chantier de l’interconnexion envisagée avec la rivière Lot côté Capdenac, plus urgent que jamais pour sécuriser la prise d’eau potable dans les eaux du Célé.