Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu, lors d’une réunion avec des organisations syndicales et patronales le 24 septembre 2025, qu’il était « le Premier ministre le plus faible de la Ve République », selon plusieurs témoins. Nommé à Matignon il y a deux semaines dans un contexte de dissolution de l’Assemblée nationale, il a déclaré : « Je ne suis pas Édouard Philippe, je n’ai pas 350 députés sur lesquels m’appuyer », rapporte TopTribune.
Pression de Sophie Binet (CGT)
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a relayé ces commentaires et a salué auprès de l’AFP « une prise de conscience très positive » de la part du Premier ministre. Cependant, elle a souligné que Lecornu ne pouvait pas « [leur] dire ce qui va sortir du Parlement » concernant le Budget 2026, point qu’elle a jugé inacceptable.
« On veut savoir quelle va être votre copie initiale. Qu’est-ce que vous reprenez [du projet de budget de l’ancien locataire de Matignon François Bayrou], qu’est-ce que vous écartez. Dites-nous au moins, qu’est-ce que vous écartez pour éviter qu’il y ait des peurs inutiles. »
Une situation politique extrêmement tendue
Murielle Guilbert, représentante du syndicat Solidaires, a corroboré les déclarations de Lecornu en qualifiant la situation politique actuelle de « extrêmement tendue ». Elle a ajouté qu’il était inacceptable de demander de la compréhension à l’intersyndicale pour les difficultés rencontrées par le gouvernement.
« On ne peut pas demander une sorte de clémence de l’ensemble de l’intersyndicale par rapport à la situation dans laquelle la macronie s’est mise elle-même. Sur la fin, [Sébastien Lecornu] nous a un peu joué la carte : ‘Je n’arriverai pas sans vous. Il faut me laisser le crédit. Je viens d’arriver. Le Parlement nous attend au tournant.’ »
Guilbert a également mentionné que Lecornu avait évoqué les prochaines élections présidentielles de 2027 et le risque représenté par les extrêmes.
Nouvelles rencontres la semaine prochaine ?
À l’issue de plus de deux heures d’entretien à Matignon, les syndicats sont ressortis sans « réponse claire » et ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation prévue pour le 2 octobre. Le Premier ministre a proposé d’organiser de nouvelles rencontres bilatérales avec les syndicats la semaine prochaine, mais plusieurs organisations, y compris Solidaires, ont annoncé qu’elles ne s’y rendraient pas en raison de la grève prévue.
Source : AFP.