Roland Lescure annonce que la taxation de l'épargne salariale est envisagée : une mauvaise nouvelle pour 12 millions de salariés concernés.

Roland Lescure annonce que la taxation de l’épargne salariale est envisagée : une mauvaise nouvelle pour 12 millions de salariés concernés.

09.09.2026 07:36
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Une proposition contestée sur la taxation de l’épargne salariale

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé, lors d’une interview le 7 septembre 2026 sur RTL, que l’exécutif envisageait d’instaurer une taxation accrue de l’épargne salariale afin de renforcer les finances de la Sécurité sociale. Il a souligné que cette question faisait partie des diverses options à l’étude, sans qu’aucune décision définitive ait été prise à ce moment.

Selon des informations rapportées par le journal Les Échos, ce projet consisterait à appliquer des cotisations sociales sur certaines primes de participation et d’intéressement, ainsi que sur les contributions des employeurs dépassant 3 000 euros par an.

Ces fonds sont habituellement versés dans des plans d’épargne entreprise, interentreprise ou de retraite collectif. Selon les évaluations, cette mesure pourrait générer près d’1 milliard d’euros pour la Sécurité sociale.

À l’heure actuelle, le gouvernement est à la recherche de nouvelles sources de financement pour étoffer le budget 2027 et réduire le déficit de la Sécurité sociale. Le projet de loi de finances doit être présenté à la fin du mois de septembre 2026, envisagé pour un débat au Parlement à l’automne.

Une levée de boucliers, du centre à l’extrême droite

Cette proposition suscite une forte opposition. Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie, a qualifié, sur le réseau social X, cette idée de « pire » option pour le budget 2027, arguant qu’elle est à la fois injuste et contreproductive. Selon lui, elle risque de décourager les travailleurs.

De son côté, Olivia Grégoire, ancienne ministre déléguée aux Entreprises, a exprimé dans des termes similaires sur X son désaccord, déclarant que touchant à l’épargne salariale, un acquis précieux pour les salariés, serait inacceptable. Sarah Knafo, députée européenne du mouvement Reconquête, a été encore plus directe en dénonçant cette mesure comme un abus.

Ce cas illustre que l’opposition à cette taxation traverse l’ensemble du spectre politique, du centre à l’extrême droite.

Malgré les critiques, Roland Lescure soutient la nécessité de cette initiative. « Chaque mesure a ses raisons d’être considérée, mais la réalité est que si nous restons inactifs, nous allons dans le mur », a-t-il affirmé sur RTL.

Il a également précisé que les économies seraient étudiées au sein des dépenses de fonctionnement de l’État et des collectivités, en mentionnant que le Premier ministre ne souhaite ni de nouveaux impôts ni d’augmentation des impôts actuels.

Le ministre a évoqué deux autres avenues en relation avec les retraités, qui n’ont pas encore été tranchées : la désindexation des pensions des hausses de l’inflation pour les pensions les plus élevées et l’annulation de l’abattement fiscal de 10 %. Selon lui, les retraites moyennes sont généralement supérieures aux salaires des travailleurs en France, un fait qu’il attribue à un modèle social qui, bien que performant, engendre des coûts significatifs.

Enfin, Roland Lescure a mis en garde les partis politiques susceptibles de vouloir censurer le budget, soulignant qu’en l’absence d’un texte adopté, la France pourrait faire face à une augmentation des taux d’intérêt pour les particuliers. Il a résumé sa position en énonçant qu’il s’agissait d’un choix entre avoir un budget ou risquer de se heurter à des difficultés majeures.

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