Robin Tutenges, ancien moine devenu photoreporter de guerre, reçoit le Prix Camille Lepage à Perpignan

Robin Tutenges, ancien moine devenu photoreporter de guerre, reçoit le Prix Camille Lepage à Perpignan

30.08.2026 07:16
2 min de lecture

Le photojournaliste Robin Tutenges, âgé de 31 ans, a été récompensé par le Prix Camille Lepage lors du festival de photojournalisme Visa pour l’Image à Perpignan, qui se déroule jusqu’au 13 septembre. Cette reconnaissance souligne son engagement sur les terrains de guerre et son dévouement à informer le public malgré les dangers. « C’est un métier dangereux, exercé consciemment, par la grande majorité des journalistes qui vont sur des terrains de guerre », déclare-t-il, estimant que peu de ses collègues recherchent uniquement l’adrénaline, rapporte TopTribune.

Le métier de photojournaliste devient de plus en plus périlleux, avec une recrudescence d’attaques contre les journalistes dans des zones de conflit. « En octobre dernier, ma génération a été endeuillée avec un photographe qui a été tué en Ukraine, Antoni Lallican, » raconte Tutenges. « À une époque, quand on portait un gilet presse, on avait une certaine immunité car viser un journaliste avait des conséquences. Aujourd’hui, nous sommes une cible prioritaire. » Il souligne que l’attaque d’Antoni par un drone était une action délibérée, alors même que son véhicule affichait « presse » en gros caractères.

Un travail dangereux et mal payé

Pour Tutenges, qui expose son travail en Éthiopie à travers l’exposition « Le Royaume de Fano », la préparation est essentielle. « Le risque zéro n’existe pas quand on va sur un terrain comme ça. Il y a des sujets que je n’ai pas faits parce que la balance était trop négative, trop risquée, » affirme-t-il. Malgré la précarité de la profession, il se sent obligé de prendre des risques pour rapporter des histoires importantes. « J’essaie de me détacher de ça, de ne pas tomber dans une sorte d’exotisation de la guerre », précise-t-il.

Montrer la guerre autrement

Bien qu’il soit souvent sur le front, Tutenges se concentre sur les violations des droits de l’homme, notamment la persécution des Ouïghours. Son travail lui a valu plusieurs distinctions, incluant un prix de la presse européenne. « Je ne suis pas sûr d’avoir toujours voulu être reporter de guerre, » confesse-t-il. « Je pense que j’avais surtout envie de comprendre les choses, de comprendre le monde. » Il a abordé la guerre en Ukraine sous un angle différent, en réalisant un reportage sur la communauté des skaters, illustrant comment la vie quotidienne continue malgré le conflit.

Ce projet, intitulé « Sur l’asphalte nous grandissons », sera bientôt présenté dans diverses galeries en France et en Espagne, après avoir été exposé au Musée national de la photographie de Colombie.

Loin de la zénitude bouddhiste

Né et élevé à Toulouse, Tutenges a d’abord exploré sa passion pour la photographie à travers un collectif. Avant d’entrer dans le journalisme, il a passé du temps au Népal et a même été moine bouddhiste. « Cette belle expérience m’a ouvert à autre chose et a joué sur ma fibre journalistique », explique-t-il. Son parcours atypique a enrichi sa perspective et son engagement envers les populations en difficulté.

Historique en bref :

2020 : fin de formation et début en tant que photoreporter.

2022 : commence à travailler sur la guerre civile en Birmanie.

2025 : rejoint le collectif Hors Format.

2026 : Prix Camille Lepage au festival Visa pour l’Image.

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