Robert Ménard, maire de Béziers, provoque une controverse avec ses déclarations sur la laïcité
Le maire de Béziers, Robert Ménard, a suscité l’indignation après la diffusion d’un visuel sur les réseaux sociaux, affichant un message controversé lors des célébrations de la feria. Cette réaction a été abordée par Ménard lors d’une interview sur BFMTV, où il a défendu ses propos sur la messe et les traditions locales, rapportent TopTribune.
Cette campagne d’affichage, déjà sujette à critique par le passé, montre Ménard s’adressant à la foule avec la phrase : « On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, et vous ? ». Les réseaux sociaux ont rapidement réagi, certains internautes exprimant leur désaccord, affirmant leur attachement à des valeurs telles que la laïcité et l’égalité des sexes. « Quand on aime les taureaux, on ne fait pas de corridas ! » a déclaré l’un des intervenants sur la page Facebook de la commune.
Interrogé sur cette polémique, Ménard a répondu : « Ça me semble être de l’ordre du bon sens. Je n’ai pas honte de ce qu’on pense. À Béziers et dans le sud, on est fiers de ce qu’on pense, on est fiers de ce qu’on est et des valeurs qu’on véhicule. »
Critiques de la laïcité : un discours polémique
Les affiches font référence à la messe et à la procession pour la Vierge, événements traditionnels de la feria. Ménard a intensifié la controverse lors de son discours d’ouverture le 12 août, déclarant : « Nous prierons pour eux (…) Ici, dans nos rues, Marie, la Vierge, la Sainte Vierge continuera d’être portée en procession. » Cette déclaration a été accueillie avec scandale, en considérant qu’elle viole le principe de laïcité établi par la loi de 1905.
Des groupes laïques, dont la Libre Pensée, ont exprimé leur indignation et ont adressé une lettre à la préfecture de l’Hérault, qualifiant ses propos d’atteinte à la laïcité. La fédération locale a même commenté avec ironie que « la canicule a fait une victime supplémentaire ».
Ménard se défend dans un contexte tendu
Enfin, Ménard a expliqué qu’il n’y a jamais eu de traitement de faveur pour les célébrations catholiques en déclarant : « Quand on m’invite à la synagogue ou à la mosquée, j’y vais et j’y vais avec plaisir. » Il a insisté sur le fait que la feria est un moment de rassemblement qui attire bien plus qu’un public amateur de corridas, soulignant des traditions ancrées dans la culture locale.
Passion pour les traditions, malgré ses réticences sur la corrida
Ménard a également abordé son opinion personnelle sur la corrida : « Je n’aime pas beaucoup, c’est le moins qu’on puisse dire, la corrida », mais il a reconnu le droit des passionnés à y participer. Cette ambivalence a encore alimenté le débat sur l’identité culturelle et les croyances dans sa ville.
Dans ce contexte, les déclarations de Robert Ménard reflètent une lutte plus large sur l’identité et les valeurs traditionnelles, mettant en évidence les tensions persistantes entre la laïcité et les expressions publiques de la foi en France.