Réimaginer l'aide internationale face aux crises humanitaires croissantes

Réimaginer l’aide internationale face aux crises humanitaires croissantes

26.02.2026 12:37
2 min de lecture

Réforme du système humanitaire mondial : un appel à l’action

Alors que le monde fait face à des crises humanitaires croissantes, l’historien Antonio Gramsci a averti il y a un siècle que « le vieux monde est en train de mourir, et le nouveau monde lutte pour naître : maintenant est le temps des monstres », rapporte TopTribune.

La période actuelle de bouleversements mondiaux s’avère particulièrement dangereuse pour le système humanitaire formel, qui a émergé dans le contexte de la reconstruction d’après-Seconde Guerre mondiale. Ce système, auparavant considéré comme un pilier de la paix et de la stabilité politique, est désormais confronté à des défis sans précédent. Actuellement, l’aide internationale lutte pour sa survie, tant les gouvernements exploitent souvent l’aide à des fins politiques.

Les événements humanitaires en cours à Gaza, en Ukraine et au Soudan soulignent les conséquences de l’abandon des responsabilités mondiales. Environ 436 millions de personnes vivant dans des États frappés par la fragilité, les conflits et la violence dépendront d’une aide vitale pour survivre d’ici à 2030. Ce constat appelle à une restructuration urgente du régime d’aide mondiale, qui peine à réformer son fonctionnement tout en étant ébranlé par des forces externes et ses propres failles internes.

Le système, qui a longtemps fonctionné comme un filet de sécurité mondiale, fait face à des coupes budgétaires sévères, particulièrement de la part des États-Unis, mais aussi d’autres donateurs traditionnels. Cette réduction des budgets complique la réactivité face aux crises croissantes. Les agences humanitaires doivent donc s’adapter à cette nouvelle réalité sans précédent, en apprenant à fonctionner avec moins de ressources.

Une attention particulière doit également être portée à la représentation dans le système humanitaire, qui n’a pas réussi à traiter les acteurs non occidentaux sur un pied d’égalité, provoquant des critiques croissantes de la part des puissances émergentes. De plus, le changement climatique a transformé le paysage des crises humanitaires, créant des urgences constantes plutôt que sporadiques.

Les barrières à l’inclusion dans l’aide demeurent une préoccupation majeure. Des communautés de la diaspora, qui transfèrent chaque année environ 700 milliards de dollars à leurs pays d’origine, sont largement absentes des structures formelles du système. Enfin, la question du pouvoir reste cruciale. Malgré les promesses de décentralisation du pouvoir aux bénéficiaires de l’aide, celles-ci restent largement non réalisées.

Un appel à réévaluer le passé

Alors que nous entrons dans une période de régression sur de nombreux engagements internationaux, les grandes organisations humanitaires doivent faire face à un examen minutieux de leur influence et autorité. Sans une compréhension profonde des raisons pour lesquelles le système a évolué vers un état de résistance au changement, l’aide internationale risque de rester piégée dans ses propres échecs.

Il est impératif que les humanitaires reviennent à leurs racines internationalistes d’après-guerre, en réévaluant leurs erreurs passées. De telles réflexions pourraient leur permettre de redécouvrir un héritage de principes internationalistes et de mouvements sociaux qui demeure pertinent dans notre époque troublée. La crise actuelle peut être source d’opportunités de réforme profonde et durable dans un système d’aide mondiale longtemps en attente de transformation.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles