Le Premier ministre, qui a fait peu d’annonces depuis sa nomination, a en revanche écarté l’instauration de la taxe Zucman ou le rétablissement de l’ISF, rapporte TopTribune.
Le 3 octobre 2025, Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas recourir à l’article 49.3 de la Constitution, y compris pour l’adoption du prochain budget, lors d’une allocution avant de dialoguer avec des représentants de l’opposition. Sa promesse accentue l’attente concernant le contenu de ses documents budgétaires, qui devront rallier une majorité des députés. Depuis sa prise de fonction, il a proposé ses idées avec parcimonie.
Le Premier ministre a d’ores et déjà déclaré qu’il abandonnait l’idée de supprimer deux jours fériés, une mesure envisagée par son prédécesseur, François Bayrou. De plus, son entourage a noté qu’il envisageait une baisse de l’impôt sur le revenu pour les couples légèrement au-dessus du Smic et le rétablissement de la prime Macron. En revanche, il s’oppose à la mise en place de la taxe Zucman ou à un retour de l’impôt sur la fortune (ISF), éléments qui avaient suscité une franche controverse.
Il veut améliorer la retraite des femmes
Dans un courrier adressé aux syndicats, le Premier ministre a exprimé son intention de mettre en place une amélioration de la retraite des femmes dans le projet de budget de la Sécurité sociale, qui sera débattu cet automne. Cette amélioration reprendrait certaines propositions formulées lors du « conclave » sur la réforme des retraites, qui avait échoué en juin.
Son dernier projet d’accord avorté visait à prendre en compte les meilleures années de carrière pour le calcul de la pension, réduisant ainsi de 25 à 24 ou 23 ans le calcul pour les femmes ayant eu des enfants. Des discussions sont aussi prévues autour de la pénibilité et de l’usure professionnelle, bien que le Premier ministre ait rejeté une abrogation de la réforme des retraites de 2023, demandée par les syndicats et la gauche.
Il promet de réduire le train de vie de l’Etat
Sébastien Lecornu a déclaré le 26 septembre qu’il souhaitait imposer une diminution significative des dépenses de l’État, visant une réduction de 6 milliards d’euros. Certaines de ses mesures sont déjà perçues comme symboliques, notamment la limitation des avantages accordés à vie aux anciens Premiers ministres et certains ex-ministres. De plus, les nouvelles dépenses de communication de l’État sont suspendues jusqu’à la fin de l’année, à l’exception des campagnes de santé publique.
Lundi, il a également annoncé que Matignon ne demanderait pas de hausse de sa dotation de fonctionnement en 2026, suivant une annonce similaire de l’Élysée.
Il étudie une baisse de l’impôt sur le revenu pour les couples proches du Smic
Le Premier ministre envisage une réduction de l’impôt sur le revenu pour les couples qui gagnent légèrement au-dessus du Smic. Cette initiative, ciblée sur les déclarations entre 17 000 et 27 000 euros par an, pourrait bénéficier à cinq millions de foyers, entraînant un gain moyen de 300 euros par an.
Il réfléchit à défiscaliser les heures supplémentaires et rétablir la prime Macron
Sébastien Lecornu examine également la possibilité d’une défiscalisation des heures supplémentaires ainsi que le rétablissement de la prime Macron, qui avait rencontré un grand succès en 2023, mais dont l’utilisation a chuté depuis la fiscalisation en 2024.
Il a dit non à la taxe Zucman et au rétablissement de l’ISF
Vendredi, lors de son allocution, Sébastien Lecornu a réaffirmé son opposition à la mise en œuvre de la taxe Zucman, qui imposerait un impôt plancher de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros. Toutefois, il a reconnu les interrogations que cela soulève quant à la justice fiscale, tout en annonçant des augmentations fiscales à venir, sans préciser lesquelles.
Il a également écarté le retour à l’impôt sur la fortune, aboli en 2018 au profit de l’impôt sur la fortune immobilière, ainsi que l’idée de supprimer deux jours fériés, une mesure particulièrement contestée dans le projet budgétaire de François Bayrou.