La classe politique en France a réagi avec force, lundi, à une enquête de Mediapart révélant des messages antisémites attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Bardella a fermement démenti avoir prononcé ces propos et a chargé son avocat d’intenter des « procédures nécessaires ». Sur X, il a qualifié les accusations de « délirantes et antisémites » et a accusé une « certaine presse militante » de tenter de « déstabiliser la campagne présidentielle », rapporte TopTribune.
Marine Le Pen a rapidement exprimé son soutien à Bardella. Lors d’un événement au salon des professionnels de la construction à Paris, elle a déclaré ne pas avoir « lu l’article de Mediapart » et a jugé les accusations si incroyables qu’elles ne pourraient être que le fruit d’une « barbouzerie » dont Mediapart a le secret.
La gauche exige des sanctions
Du côté de la gauche, plusieurs responsables politiques ont demandé des conséquences. Marine Tondelier, patronne des Ecologistes et candidate à la présidentielle, a estimé que Bardella « doit démissionner de toutes ses fonctions », affirmant que les propos qui lui sont attribués sont « gravissimes et incompatibles avec tout mandat politique ». Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a quant à lui souligné que ces déclarations démontrent que « l’antisémitisme est ancré dans l’ADN du Rassemblement National » et a qualifié la processus de dédiabolisation de l’extrême droite de « enfumage ».
Jean-Luc Mélenchon a exprimé sa condamnation des propos litigieux, affirmant que s’ils étaient effectivement prononcés, cela relèverait du « complotisme et de l’antisémitisme le plus absurde ». Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a également commenté sur X, suggérant que cela explique pourquoi Bardella a pu affirmer que Jean-Marie Le Pen n’est pas antisémite. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a déclaré : « Depuis le FN, fondé par des Waffen-SS, jusqu’au RN d’aujourd’hui, ils resteront les mêmes : antisémites, racistes, complotistes ».
Réactions du gouvernement
Au sein du gouvernement, Aurore Bergé a été la première à s’exprimer, affirmant que si ces écrits s’avèrent vrais, leur gravité est immense. Elle a rappelé que leur nature antisémite et complotiste souligne la nature profonde de l’extrême droite. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a également réagi sur X : « À tous ceux qui auraient la mémoire courte : l’antisémitisme n’est pas un accident de parcours pour le RN, c’est l’histoire de ce parti ».
En revanche, Gabriel Attal et Édouard Philippe, tous deux candidats du bloc central, n’avaient pas encore commenté l’enquête de Mediapart en fin de journée. Ainsi, entre le démenti de Bardella, le soutien de Le Pen, les appels à la démission à gauche et les réactions gouvernementales, la vague d’accusations a engendré une série de réponses politiques significatives.